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vendredi 17 avril 2015

Facebook 100 - Blogger 0

Bloguer sur FB m'est vraiment beaucoup plus facile "techniquement" et vous encourage vivement à m'y suivre. Oubliez vos réticences ! J'en avais également, persuadé que c'était un site pour ados attardés. Plus maintenant car c'est vraiment un outil fantastique, qu'il faut juste bien l'utiliser.

Autre avantage : réagir aux posts est beaucoup plus simple que sur Blogger.

Résumé de la semaine, pour les réfractaires :

- Dimanche 12 avril





- Lundi 13 avril :



- Mardi 14 avril :








- Mercredi 15 avril :



- Jeudi 16 avril avril :








- Vendredi 17 avril :










Il va falloir vous mettre à Facebook parce que je ne sais pas si j'aurai le courage de bosser en double à l'avenir ;-)...

jeudi 5 février 2015

Boleslaw DANIKOWSKI

Boleslaw DANIKOWSKI (1928-1979)
Sculpture "Personnage" (circa 1975)
H. 38 cm

Il y a quelques mois, en surfant sur le Net, je suis tombé sur une étonnante sculpture en céramique et métal d'un artiste dont je n'avais jamais entendu parler. J'avais noté son nom dans un coin de cerveau, DANIKOWSKI, car c'était là l'oeuvre d'un authentique artiste, mais pas approfondi mes recherches, faute de temps...

Ayant eu l'occasion d'acquérir en fin d'année un autre DANIKOWSKI, celui qui illustre ce billet, j'ai bien sûr cherché à en savoir plus et suis alors très vite remonté au site qui lui est consacré par l'un de ses enfants, Jérôme, également sculpteur.

Boleslaw (Bolek) était particulièrement modeste (il se considérait avant tout comme un artisan) et adepte du "pour vivre heureux vivons cachés". Pas étonnant dans ces conditions que son oeuvre soit aujourd'hui plutôt confidentielle !

Je laisse le soin de nous en parler à son épouse Thérèse, ancienne institutrice :


Boleslaw DANIKOWSKI est né le 19 septembre 1928 à Thumeries, dans le département du Nord. Ses parents, petits fermiers en Pologne, avaient émigré en France quelques années auparavant. Il avait trois soeurs, nées en Pologne, et il est le premier garçon, suivi d'un frère (Evariste, mort à Dien Bien Phu en 1954) et d'une soeur.

Il passe son enfance dans un coron appartenant à la famille BÉGHIN, propriétaire de la sucrerie où travaillait son père.

Dans ce village, la communauté polonaise est importante et Bolek apprend le français à son entrée à l'école primaire. Il entre au cours complémentaire de Thumeries en 1939, à l'âge de 11 ans ; sa scolarité est troublée par la guerre. Son institutrice remarque ses dons pour le dessin et incite ses parents à l'envoyer à l'école des Beaux-Arts de Lille. A son entrée, il est le plus jeune élève. Il est pris en pension dans un café à La Madeleine, où il fait le ménage en échange d'une petite chambre. Chaque semaine, il repart dans sa famille à Thumeries, faisant le plus souvent le trajet d'une vingtaine de kilomètres à pied et revenant chargé d'un sac de pommes de terre pour se nourrir. C'est dans cette école qu'il rencontre Jean BRISY avec lequel il se lie d'amitié.

A la fin de la guerre, il est envoyé en stage et choisit d'aller chez un artisan potier à Paray-le-Monial. C'est là qu'il apprend à tourner et décide alors de s'orienter vers la céramique, abandonnant la peinture.

A son retour dans le Nord, il cherche un endroit pour travailler et s'installe quelques mois à Mons-en-Pévèle, dans un réduit prêté par le curé. Puis, avec Jean BRISY, il occupe les ruines de la faïencerie du Moulin des Loups, à Orchies. L'usine avait été bombardée mais dans les décombres il reste des pains de terre, des sacs d'émaux et un four en ruine. Ils obtiennent l'autorisation de s'y installer pour travailler. Bolek habite dans ces décombres tandis que BRISY vit à Lille et cherche des débouchés pour leurs céramiques. Au bout de quelques temps, l'usine est rasée pour laisser place à de nouvelles constructions : Bolek doit chercher un autre endroit pour vivre. C'est à cette époque, en 1953, que nous nous marions. Nous habitons alors à Coutiches, dans une ancienne ferme ; il installe son atelier dans les dépendances, construit un tour et un four avec une grande cheminée ; il y a alors beaucoup de casse parmi sa production à cause du four à bois et au coke, avec lequel la cuisson est difficile à contrôler.

En 1955, nous déménageons avec notre premier enfant à Aix-les-Orchies où j'ai été nommée institutrice. Bolek loue d'abord une grange dans une ferme, y installe son atelier et construit un four alimenté au propane, qui s'avère inutilisable. Il décide alors d'acheter un four électrique ; le branchement électrique étant très coûteux, il construit un cabanon en bois à proximité du transformateur et installe son four au fond du jardin de l'école où j'enseigne. Le four donne de bons résultats si bien que matériellement la vie devient plus facile. Nous achetons ensuite une vieille ferme juste en face du transformateur. Bolek construit un atelier avec l'aide d'un vieux paysan, puis quelques années après la très belle maison où nos quatre enfants grandiront.

Il achète par la suite un deuxième four électrique avec une capacité plus importante, fabrique un concasseur de terre, des bacs de décantation, car il prépare lui-même sa terre en mélangeant des argiles qu'il va acheter dans les tuileries de Gournay-en-Bray, en Normandie.

Sa notoriété et sa clientèle augmentent et, pendant des années, il produit et crée des milliers de carreaux décorés et de pièces décoratives de toutes sortes. Parmi ses commandes les plus importantes, il y a tout d'abord, en 1955, la décoration du hall d'accueil du casino de Saint-Amand-les-Eaux avec des grandes pièces de céramique (rois, reines, cavaliers...). Il réalise également de grands panneaux de lave émaillée pour le restaurant universitaire de Lille puis pour l'usine Nord Aviation à Meaulte. Mais la plus grande partie de sa production est liée à l'entreprise "Votre Maison" qui produisait des meubles de grande qualité. Décorateur issu de l'école Boule, Robert GUILLERME avait créé avec son associé Jacques CHAMBRON un style de mobilier original et de qualité, incluant de nombreuses céramiques : carreaux décorés, éclairages, pendules, poignées de portes, cabochons décoratifs... Cette collaboration durera de 1953 à 1979, de nombreux clients de Votre maison venaient à l'atelier acheter ou commander des sculptures ou des laves émaillées.

La réputation de Bolek était ainsi bien établie auprès d'une clientèle fidèle. Mais jamais il ne voulut participer à des concours ou des manifestations officielles. Il refusait de se mettre en avant et fuyait toute action de promotion ou de communication. Il ne se considérait pas comme un artiste (bien qu'à mon avis il en fût un grand !) mais comme un artisan. Toujours curieux et inventif, il cherchait constamment de nouvelles techniques, mêlant métal ou bois dans ses oeuvres.

Cette quête incessante l'a conduit dans les dix dernières années de sa vie à aborder un nouveau domaine, la photographie. Il avait installé son laboratoire de développement dans la cave : il y réalisait des tirages grand format de portraits, paysages ou compositions diverses, qu'il coloriait parfois avec des encres.

En novembre 1979 une crise cardique l'emporta brusquement.

Boleslaw DANIKOWSKI a fait l'objet d'un petit livre, paru en 2008 aux éditions Le livre d'art, où vous retrouverez ce texte et de superbes photos montrant toute l'étendue de son talent, dues à son petit-fils Jonathan.

Pour voir des oeuvres de l'artiste, c'est ici.

IMPORTANT : ses créations ne sont jamais signées ni datées, à l'exception de quelques oeuvres des années 50. En cas de doute, consultez Jérôme, qui vous dira si vous avez affaire à un DANIKOWSKI ou pas.

Et si vous désirez en savoir plus sur les éditions Votre Maison, allez donc faire un petit tour sur le blog de ce véritable passionné !

vendredi 3 octobre 2014

Jean MÉGARD, artiste "discret" du XXème siècle

Jean MÉGARD (né en 1925)
Pied de lampe (1952)
H. 30 cm

L'acquisition récente de cette belle pièce de Jean MÉGARD me donne enfin l'occasion de vous parler de cet artiste qui a tout fait pour ne pas être connu, dixit Emmanuelle LE HOANGAN, de la galerie ARTOCARPUS, qui défend son oeuvre depuis deux ans.

Jean MÉGARD est né le 27 mars 1925 à Nantua. Il a donc bientôt 90 ans et se porte à merveille, poursuivant sans relâche son oeuvre peint.

Après des études secondaires et supérieures à Lyon, il "monte" à Paris pour y suivre les cours des Beaux-arts (de 1947 à 1951), en architecture puis en dessin, sous la conduite du sculpteur LAGRIFFOUL (le papa de la Marianne illustrant nos anciennes pièces de 5, 10 et 20 centimes de franc). Il fréquente également à la même période l'Académie de la Grande Chaumière et les "cours Roger" puis, successivement, les ateliers des peintres Léopold KRETZ, Ossip ZADKINE et Édouard GOERG.

Il installe son premier atelier en 1951, rue de Verneuil à Paris, et participe au mouvement non-figuratif, alors en plein essor.

Ami de l'architecte et sculpteur André BLOC, il adhère en 1952 au groupe Espace, créé un an plus tôt par ce dernier, association dont le but est de rapprocher et réaliser une synthèse entre art et architecture. Le groupe Espace défend en effet "un Art non figuratif qui s’inscrit dans l’Espace réel, répond aux nécessités fonctionnelles et aux besoins de l’homme, des plus simples aux plus élevés".

En 1952, Jean MÉGARD décide de faire de la céramique et se forme à la technique dans l'atelier de Jean et Jo AMADO, à Aix-en-Provence.

Grand vase (circa 1954)

Il installe son propre atelier dans la foulée à Biot, qu'il quittera en 1958 pour se consacrer presque exclusivement à la peinture et à la sculpture.

Grande coupe (circa 1955)

Il n'a donc fait de la céramique que pendant sept petites années, d'où la rareté de ses oeuvres sur le marché actuel et ce d'autant plus qu'il a travaillé seul et quitté Biot en détruisant tout le fonds de son atelier.

Sculpture murale de 1953. NB : Gonzo n'en fait pas partie :-) 

Une céramique qui n'appartient qu'à lui et que l'on reconnaît au premier coup d'oeil par les couleurs vives et généralement primaires de son décor abstrait, sa force et sa grande modernité. Une céramique qui n'a pas pris une ride, à tel point qu'elle semble avoir été été cuite hier...


Les pièces produites sont pour la plupart signées, situées et datées. Ah si tous nos amis céramistes en avaient fait de même !

En 1953, il expose seul à la galerie MAI et avec ses consoeurs Élisabeth JOULIA et Valentine SCHLEGEL à la galerie La Roue.

En 1954, il participe à une exposition du groupe Espace à Biot.

En 1955, il expose place des Arcades à Biot et au château Grimaldi à Antibes.

Ses activités au sein du groupe Espace le conduiront plus d'une fois à concevoir de la céramique architecturale. Il obtiendra ainsi une médaille d'argent à la dixième Triennale de Milan pour une céramique monumentale intégrée à la maison expérimentale du grand achitecte brutaliste italien Vittorio VIGANO.

Durant la période 1952-58, il n'abandonne pas pour autant la peinture, exposant dans de nombreux salons parisiens, en compagnie des grand abstraits de l'époque.

Fin 1958, il quitte Biot pour Puyricard, à côté d'Aix-en-Provence, pour ne faire quasiment que de la peinture et de la sculpture, participant à divers salons parisiens, tels celui de Mai et de la Jeune Sculpture.

Il n'abandonne pas pour autant la céramique mais se consacre uniquement à des projets architecturaux : groupe scolaire à Sarcelles (1971), haut-relief pour l'entrée d'un immeuble à la Défense (1976), etc.


En 1968, il donne un gros coup de main à son ami Pierre SOULAGES pour un panneau mural, installé dans le hall du One Oliver Plazza à Pittsburgh (Pennsylvanie). Ce bulding ayant récemment été détruit, l'oeuvre a heureusement été transférée dans la "Soulages Gallery" du Butler Institute of Art de Youngstown, dans l'Ohio.

En 1977 il expose ses fameux et superbes bronzes polis à l'American Center for Students and Artists, boulevard Raspail, à Paris.

Dans les années 80, il est exposé et défendu par la galerie de la Prévôté, à Aix-en-Provence. Leur collaboration durera jusqu'en 2002.


Des toiles de grand format, hautes en couleurs, très construites et riches d'une matière proche de l'émail, où l'on retrouve la patte du céramiste. Celle-ci fait mon bonheur au quotidien et je rêve de lui trouver une petite soeur...

En 1999, il créé le nouveau mobilier liturgique de la cathédrale Saint-Sauveur d'Aix-en-Provence, en bronze doré ou poli et divers autres matériaux sculptés.

En 1990, il a enfin une grand exposition de son oeuvre peint à la Fondation VASARELY.

Jean MÉGARD est aujourd'hui oublié car bien trop discret ou mal défendu, comme tant d'autres bons artistes ayant eu leur heure de gloire dans les années 50 à 70.

Les collectionneurs actuels et encore plus le grand public ne connaissent donc que très peu son oeuvre.

Espérons que la galerie ARTOCARPUS qui le défend à présent parvienne à lui donner enfin la place qu'il mérite...


En bonus : l'artiste nous parlant de son travail dans son atelier aixois. Un régal !

mardi 24 septembre 2013

Il suffisait de demander !


Merci à Yvon LE DOUGET, céramiste de son état, de nous permettre d'en savoir un peu plus au sujet de Guy-Roland MARCY via sa notice dans le premier Guide des céramistes édité en 1993 par La revue de la céramique et du verre et un article paru en 1983 dans la revue La céramique moderne, sous la plume de Roger GUY (cliquez sur les photos pour les agrandir et lire l'article) :



J'ai bien sûr immédiatement téléphoné au numero indiqué mais sans succès et une recherche dans le département 77 n'a rien donné. J'espère simplement que Guy-Roland continue - à bientôt 89 ans ! - à faire des pots avec autant de plaisir que lorsqu'il a commencé à pratiquer, au début des années 50...

Voici les quelques céramiques de Guy-Roland MARCY que j'ai la chance de posséder grâce à Alexis MOSTINI, galeriste aux Puces de Saint-Ouen (1), qui a attiré mon attention sur son travail :


- Un très élégant vase à anses (circa 1950). Son émail blanc pur, épais et légèrement granuleux est vraiment de toute beauté (25 cm de haut).


- Un groupe de 4 formes ovoïdes (hautes de 9 à 19 cm) datant très probablement des années 80. Le travail d'émaillage est remarquable, oscillant sur une même pièce entre le mat et le brillant, en passant par le satiné. Je ne me lasse pas de les admirer !


- et enfin le vase qui a déclenché la réaction d'Yvon et qui date probablement du début des années 70 (14 cm de haut sur environ 14 cm de diamètre). La forme est vraiment très originale (cf photo ci-dessous, vue d'en haut) tout comme l'émaillage : engobé, satiné, effet "essuyé" à l'extérieur et noir mordoré brillant à l'intérieur)


Comme le faisait très justement remarquer Roger GUY dans son article, une des caractéristiques du travail de MARCY, outre son élégance et sa beauté formelle, est incontestablement la soin porté à son exécution. Aucune bavure, du travail bien fait et bien fini ! Une imperfection inesthétique ? Poubelle ! On ne peut pas dire que tous ses confrères aient eu la même exigence de qualité dans leur travail et c'est bien dommage car, en ce qui me concerne, une belle pièce avec un défaut de cuisson ou un problème d'émaillage (coulure, manque, etc.) n'en est plus une.

Je profite de ce billet pour remercier également Alexis et le féliciter car c'est l'un des rares professionnels à sortir des sentiers battus en proposant de beaux objets d'artistes méconnus. C'est tout à son honneur car la tâche n'est pas aisée. Trop de collectionneurs ont en effet tendance à être esclaves de quelques noms "à la mode" (moi le premier ;-), participant ainsi au maintien de nombre de bons artistes au purgatoire. Un bon conseil : faites de temps en temps des infidélités à vos artistes favoris, vous ferez ainsi une "bonne action" et une "bonne affaire" car les artistes dans l'ombre sont (pour l'instant) encore abordables. En temps de crise c'est même une excellente stratégie pour les petits budgets malheureusement privés de "grands noms" car si "petit nom" est bon, il deviendra bien "grand nom" un jour ;-). En 1990, tous les "grand noms" étaient minuscules...

(1) Marché BIRON, allée 1, stand n° 85.

Vendredi 27 septembre 2013

Alexis m'a malheureusement appris que Guy-Roland MARCY était décédé dans les années 90.

mercredi 15 août 2012

La vie commence tous les jours


Jean RIVIER m'ayant gentiment fait part de la naissance de son nouveau blog consacré à ses livres de poésies et à ses linogravures, fort joliment sous-titré La vie commence tous les jours (1), je ne pouvais que m'empresser de vous en informer à mon tour.

Cliquez ici pour y accéder.

En cliquant ici, vous pourrez également accéder à son blog "général" et y découvrir, notamment, quelques belles céramiques.

Bonne lecture !

Sur ce, je retourne à ma robinsonnade estivale (j'en étais à 4 jours hors Net)...

(1) Un belle leçon d'optimisme, à retenir et, surtout, à mettre en pratique ;-).

dimanche 29 janvier 2012

Souvenir de l'expo RATY


Pour ceux qui auraient manqué la fabuleuse exposition consacrée à François RATY au musée de la Céramique de Vallauris, l'an dernier...

Merci Marie-Jo !

PS : un bon conseil, procurez-vous le catalogue tant qu'il est encore disponible (10 € seulement).

vendredi 8 avril 2011

Peter et Denise ORLANDO


Grand vide poche en céramique émaillée (circa 1957)
Fond mat à motifs brillants (blanc et orange) et mat (noir)
L. circa 20 cm, h. 2 cm (ex collection personnelle (1)


Peter ORLANDO est un peintre et céramiste d'origine nord-américaine.

Il est né à Orange (New Jersey), dans la banlieue ouest de New York, le 3 novembre 1921. Sa famille est d'origine napolitaine, ses parents ayant émigré aux États-Unis avant la première guerre mondiale. Très tôt orphelin de mère, il doit travailler en usine afin d'aider son père à élever ses trois enfants. Dessinant depuis toujours, il décide courageusement, à 16 ans, de suivre les cours du soir de l'Academy of Arts de Newark (New Jersey). Il y apprend à dessiner jusqu'à sa mobilisation, en 1942.

Il participe au débarquement à Omaha Beach, aux batailles de Saint-Mère-l'Église et de Valognes ainsi qu'à la libération de Paris, où il rencontrera Denise DELGOULET (née en 1921), assistante d'un décorateur, qui deviendra sa femme en 1946.

Après la guerre, le couple part aux États-Unis afin que Peter y termine ses études. Ils n'y resteront que deux ans, son professeur de dessin lui conseillant de poursuivre ses études à Paris, plus propice aux arts. Il y parviendra grâce à une bourse. C'est dans l'atelier de Maurice BRIANCHON (1899-1979), un des maîtres du groupe des peintres de la "Réalité Poétique", que Peter poursuivra son apprentissage.

1950. Plus de bourse. Le couple décide de se fixer à Paris et de se mettre à la céramique. Peter devient stagiaire à la Manufacture nationale de Sèvres. Durant deux ans il y passera ses après-midi, ses matinées étant consacrée à la peinture.

En 1952, les ORLANDO ouvrent leur atelier, au 16 rue Beaudant, dans le 17e. Ils y produiront de la céramique jusqu'en 1968. Parallèlement, Peter continue de peindre (il s'y consacrera à plein temps après la fermeture de l'atelier).

L’époque est à la liberté des formes. Il s’agit de s’affranchir de la tradition, par l’exubérance des formes, des décors, où les motifs abstraits prédominent. C’est l’époque où l’on déstructure l’objet traditionnel. ORLANDO s’affranchit de l’assiette ronde, du vase tourné, cylindrique ou pansu, et opte pour le triangle, l'ovale, etc. Les motifs sont créés par Peter ou par son épouse, le couple travaillant à deux mains. Le décor fait appel à des émaux qui vont réagir entre eux, fusionner, ou, au contraire, séparés et posés avec soin. Le décor dominant est un tracé intuitivement inspiré et totalement abstrait. Les émaux utilisés (principalement de couleur blanche, orange et noire), intenses et le plus souvent brillants, illuminent un fond très soigné, généralement blanc laiteux et mat mais aussi noir ou gris "granité".

Dans le couple, c'est Peter qui s'occupe de la forme, à partir d'un dessin préparatoire. Lorsqu’il est satisfait, il façonne un modèle en argile, qu’il confie ensuite à un artisan mouleur. Au retour du moule dans son atelier, Peter coule une pâte fluide dont il a mis au point la composition après de nombreux essais. 
   
La grande fierté de Peter ORLANDO a très vite été celle d’avoir mis au point une pâte permettant d'obtenir une de faïence à la fois solide et légère - "secret" bien gardé, alchimie d'une terre de bonne qualité et d’additifs choisis ! - capable de subir l’épreuve de la cuisson sans altération. A Sèvres et chez un potier de banlieue parisienne, Peter a appris à garnir un four et tirer le meilleur profit de la chaleur produite dans son enceinte. Les pertes sont donc rares ; cela permet d’investir dans la seconde phase importante, celle de l’émaillage. Les produits choisis étant de qualité, ils sont en effet onéreux (ils viennent le plus souvent des Pays-Bas ou d’Allemagne).
 
Après séchage et démoulage, il faut réaliser une première cuisson, celle de l’objet de terre. Curiosité de langage de potier, on dira que sort du four un "biscuit" qui en réalité n’aura alors cuit... qu’une fois !, la seconde venant après la pose de l’émail. 

Au début de sa production, Peter exécute souvent le décor. Le fond est projeté au pistolet, les motifs ayant été réservés par des masques collés. Une fois ôtés, les zones vierges seront remplies d'émail à la brosse. Très tôt, Denise interviendra aussi, principalement pour l'incision des motifs. Avec une grande liberté, elle crée de merveilleux décors abstraits - elle s'inspire quelque peu de MIRO - qui épousent ou rehaussent parfaitement les formes inventées par son mari. L'abstraction de Peter est plus géométrique et plus acérée que celle de Denise. Quelquefois ils se contentent d'une simple intervention - délicate car sans repentir possible ! - à la pointe ou au crayon d'oxyde, générant un décor très dépouillé et fort élégant.

Chez les ORLANDO, forme peu conventionnelle et dessin non figuratif se marient admirablement. La majeure partie de la production sera de cette veine. Mais comme il faut bien vivre et que l'abstraction rebute bien des clients, ils optent aussi pour des fleurs stylisées, parfois animées de l’expression d’un visage, dessinées sur des fonds marron ou brique, plus commerciaux. Les dernières années, de 1966 à 1968, verront une production "sage" de pots et vases cylindriques ou cubiques, de couleurs unies, nouvelles et vives, à l'image de celles de Georges JOUVE. Ce fût un dernier sursaut de création, plus populaire, avant la fermeture de l'atelier.

Pendant une quinzaine d'année, les ORLANDO produiront une grande variété d'objets (coupelles, vides poches, services de table, lampes, stabiles etc.), en petite quantité, n'ayant jamais employé qu'une ou deux "petites mains" à l'atelier. Ils sont généralement signés "P. Orlando", "D. Orlando" ou le plus souvent "Orla", leur marque commerciale, qu'ils diffuseront dans divers magasins, à Paris mais aussi en province (Strasbourg, Vallauris, Rouen et Avignon).

En 2003 naît un projet d'exposition publique des œuvres de Denise et Peter ORLANDO. Sans héritiers directs, le couple fait en 2004 une donation de tableaux et de céramiques de sa collection personnelle et un don en espèces à la commune de Saint-Jean-Lespinasse, à proximité de Saint-Céré, dans le Lot, où ils vivent depuis 1984. Ce don permet l'achat de la grange Bourgade-Maynard. La commune finance les travaux d'aménagement du bâtiment. L'Espace Culturel ORLANDO ouvre ses portes le 6 juillet 2007. L'Association ORLANDO gère le lieu en présentant, préservant et complétant la donation ainsi qu'en animant artistiquement le lieu.


Peter et Denise ORLANDO

La consécration de leur oeuvre céramique viendra en 2006, lorsque le Comité scientifique du Musée des Arts Décoratifs de Paris sélectionnera le couple en tant qu'artistes majeurs des années cinquante ; une de leurs coupes y est d'ailleurs exposée.

Peter ORLANDO est décédé à Saint-Céré, le 29 novembre 2009.

J'aime beaucoup le travail de ce couple très attachant ; il n'est pas facile à dénicher, leur production ayant été relativement limitée.

Bibliographie :

- "ORLANDO, Peter et Denise", par Marie-Pascale HUARD (édition Association ORLANDO, 2007).
- "Céramiques d'exception", par Philippe J. GRAZIANO (in texte introductif de l'exposition consacrée au couple en juin 2010, à l'Espace Culturel ORLANDO de Saint-Jean-Lespinasse ; mon texte en est largement inspiré).

(1)  Inv. ex PM PDO 1A (vendue le 25 avril 2012 ; à présent col. MP, Suisse)

jeudi 24 mars 2011

Olivier PETTIT (1918-1979)


Vide poche de forme losangique, 
décoré d'un coq polychrome, stylisé et incisé,
reposant sur trois pieds (circa 1955).  
L. 12 cm, h. 3 cm (collection personnelle)

Né à Paris, en 1918, Olivier PETTIT s'inscrit en 1938 aux Beaux Arts de sa ville natale (section sculpture). Il interrompt ses études pendant la Seconde Guerre Mondiale pour s'engager dans la Marine et servir les Forces Françaises Libres. Dès 1945, il reprend son cursus et sort des Beaux Arts en 1952, en obtenant le premier second prix de Rome de Sculpture. En récompense, il bénéficie d'un séjour de deux ans (1953 et 1954) à la Casa Velasquez, à Madrid.

Parisien jusqu'à la fin des années 60 (il réside alors rue Hallé), il se consacre à la sculpture et au dessin. Il aborde la céramique lors de séjours à Vallauris. Il y travaille l'argile et la décore à main levée, généralement de motifs figuratifs incisés. Son travail est récompensé à plusieurs reprises (il sera par exemple médaille d’argent à l’Exposition Internationale de Céramique de Cannes, en 1956).

A partir de 1968, il s'installe dans sa résidence secondaire varoise, près de Flayosc, où il continuera de travailler jusqu'à la fin de sa vie, en 1979.

Olivier PETTIT fera également de décoration architecturale, comme pour le Ministère des Finances à Paris.

Ses céramiques sont signées à la main, de ses initiales - "O" et "P" - imbriquées.

jeudi 10 mars 2011

Denyse GATARD (1908-1991)

Cendrier en céramique émaillée, 
blanche et satinée à l'extérieur, mordorée et brillante à l'intérieur, 
cet émaillage étant typique de l'artiste (circa 1950). 
L. 7 cm, l. 7 cm, h. 5 cm (collection personnelle)

Soeur ainée du célèbre céramiste Georges JOUVE, Denyse GATARD se forme à l'École d'arts appliqués de la rue Duperré, à Paris, puis fréquente les cours de dessin de l'Académie de la Grande Chaumière, toujours dans la capitale.

Après avoir travaillé dans l'atelier de Jean DUNAND, célèbre laqueur, dinandier et sculpteur de la période Art Déco, où elle s'initie au travail de la laque, elle suit son mari en Indochine puis en Algérie et au Maroc, où elle se familiarise avec le modelage de la terre.

Après-guerre, elle se perfectionne auprès de son frère, à Paris. Elle y installe un atelier, rue Guénégaud, puis reprend celui des époux PIERLOT, au 10 rue de Buci. Ses premières pièces ressemblent, bien sûr, à celles de son frère, avec les mêmes émaux, tilleul et jaune pâle, notamment.

A partir de 1947, elle met au point un superbe émail au lustre doré et réalise des miroirs, cendriers, vide poches, coupelles, etc., ainsi qu'une série de bijoux qu'elle développe tout au long des années 50.

Sa production est essentiellement diffusée par les galeries parisiennes de l'Arcade et du Siècle. Elle figure également dans les ensembles du décorateur Maurice PRÉ, son second mari.

Jusqu'en 1965, Denyse GATARD participe régulièrement au Salon des Artistes Décorateurs et à celui des Arts Ménagers.

Les oeuvres de Denyse GATARD sont généralement signées "DG" (signature incisée).

Bibliographie :

- "Création en France, arts décoratifs 1945-1965, répertoire alphabétique" (éditions Gourcuff-Gradenigo, 2009)
- "La céramique française des années 50", par Pierre STAUDENMEYER (NORMA Éditions, 2005)