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Jean MÉGARD "Sans titre" (circa 1980) Huile sur toile 123 x 155 cm |
Acquisition récente (pas bâloise car il manque trois zéros à son prix :-), qui devrait bientôt arriver "chez maman" faute de place...
Jean MÉGARD est né le 27 mars 1925 à Nantua. Il a fêté ses 90 ans et se
porte à merveille, poursuivant sans relâche son oeuvre peint.
Après des études secondaires et supérieures à Lyon, il "monte" à Paris
pour y suivre les cours des Beaux-arts (de 1947 à 1951), en architecture
puis en dessin, sous la conduite du sculpteur LAGRIFFOUL (le papa de la
Marianne illustrant nos anciennes pièces de 5, 10 et 20 centimes de
franc). Il fréquente également à la même période l'Académie de la Grande
Chaumière et les "cours Roger" puis, successivement, les ateliers des
peintres Léopold KRETZ, Ossip ZADKINE et Édouard GOERG.
Il
installe son premier atelier en 1951, rue de Verneuil à Paris, et
participe au mouvement non-figuratif, alors en plein essor.
Ami
de l'architecte et sculpteur André BLOC, il adhère en 1952 au groupe
Espace, créé un an plus tôt par ce dernier, association dont le but est
de rapprocher et réaliser une synthèse entre art et architecture. Le
groupe Espace défend en effet "un Art non figuratif qui s’inscrit dans
l’Espace réel, répond aux nécessités fonctionnelles et aux besoins de
l’homme, des plus simples aux plus élevés".
En 1952, Jean MÉGARD
décide de faire de la céramique et se forme à la technique dans
l'atelier de Jean et Jo AMADO, à Aix-en-Provence.
Il installe son
propre atelier dans la foulée à Biot, qu'il quittera en 1958 pour se
consacrer presque exclusivement à la peinture et à la sculpture.
Il n'a donc fait de la céramique que pendant sept petites années, d'où
la rareté de ses oeuvres sur le marché actuel et ce d'autant plus qu'il a
travaillé seul et quitté Biot en détruisant tout le fonds de son
atelier.
Une céramique qui n'appartient qu'à lui et que l'on
reconnaît au premier coup d'oeil par les couleurs vives et généralement
primaires de son décor abstrait, sa force et sa grande modernité. Une
céramique qui n'a pas pris une ride, à tel point qu'elle semble avoir
été été cuite hier...
Les pièces produites sont pour la plupart signées, situées et datées. Ah si tous nos amis céramistes en avaient fait de même !
En 1953, il expose seul à la galerie MAI et avec ses consoeurs Élisabeth JOULIA et Valentine SCHLEGEL à la galerie La Roue.
En 1954, il participe à une exposition du groupe Espace à Biot.
En 1955, il expose place des Arcades à Biot et au château Grimaldi à Antibes.
Ses activités au sein du groupe Espace le conduiront plus d'une fois à
concevoir de la céramique architecturale. Il obtiendra ainsi une
médaille d'argent à la dixième Triennale de Milan pour une céramique
monumentale intégrée à la maison expérimentale du grand achitecte
brutaliste italien Vittorio VIGANO.
Durant la période 1952-58, il
n'abandonne pas pour autant la peinture, exposant dans de nombreux
salons parisiens, en compagnie des grand abstraits de l'époque.
Fin 1958, il quitte Biot pour Puyricard, à côté d'Aix-en-Provence, pour
ne faire quasiment que de la peinture et de la sculpture, participant à
divers salons parisiens, tels celui de Mai et de la Jeune Sculpture.
Il n'abandonne pas pour autant la céramique mais se consacre uniquement
à des projets architecturaux : groupe scolaire à Sarcelles (1971),
haut-relief pour l'entrée d'un immeuble à la Défense (1976), etc.
En 1968, il donne un gros coup de main à son ami Pierre SOULAGES pour
un panneau mural, installé dans le hall du One Oliver Plazza à
Pittsburgh (Pennsylvanie). Ce bulding ayant récemment été détruit,
l'oeuvre a heureusement été transférée dans la "Soulages Gallery" du
Butler Institute of Art de Youngstown, dans l'Ohio.
En 1977 il
expose ses fameux et superbes bronzes polis à l'American Center for
Students and Artists, boulevard Raspail, à Paris.
Dans les années
80, il est exposé et défendu par la galerie de la Prévôté, à
Aix-en-Provence. Leur collaboration durera jusqu'en 2002.
Ses
toiles de grand format sont hautes en couleurs, très construites et
riches d'une matière proche de l'émail, où l'on retrouve la patte du
céramiste.
En 1990, il a enfin une grand exposition de son oeuvre peint à la Fondation VASARELY.
En 1999, il créé le nouveau mobilier liturgique de la cathédrale
Saint-Sauveur d'Aix-en-Provence, en bronze doré ou poli et divers autres
matériaux sculptés.
Jean MÉGARD est aujourd'hui oublié car bien
trop discret ou mal défendu, comme tant d'autres bons artistes ayant eu
leur heure de gloire dans les années 50 à 70.
Les collectionneurs actuels et encore plus le grand public ne connaissent donc que très peu son oeuvre.
Espérons que la
galerie ARTOCARPUS qui le défend à présent parvienne à lui donner enfin la place qu'il mérite!
Et en bonus, pour terminer, une
vidéo de l'artiste dans on atelier aixois, parlant de son travail.
Inv. PM JM 3 i