samedi 15 novembre 2014

"Rizières" de Lucien CLERGUE

Lucien CLERGUE (1934-2014)
"Rizières" (épreuve vintage, circa 1960)
50 x 65 cm

Un temps exécrable et des pluies diluviennes ont empêché ma traditionnelle "balade niçoise" du samedi après-midi, durant laquelle je devais notamment récupérer cette photo de Lucien CLERGUE laissée à l'encadrement et que j'avais hâte d'accrocher.

Mon intérêt pour la photographie est plutôt récent mais j'avais repéré depuis longtemps le travail de cet artiste et m'étais aussitôt mis en quête d'une de ses oeuvres, que j'ai fini par dénicher il y a quelques semaines seulement. D'où ma hâte.

J'étais en train de tuer le (mauvais) temps sur le Net lorsque le téléphone a sonné tout à l'heure. C'était l'ami Salvatore, qui m'annonçait le décès du photographe, qu'il avait rencontré et dont on évoquait ensemble le souvenir samedi dernier.

Curieux et bien triste concours de circontances, qui me permet bien modestement de lui rendre hommage aujourd'hui.

"Rizières" est emblématique de son travail sur la Camargue, une région explorée durant toute sa vie et qui fit l'objet de plusieurs de ses livres, dont le superbe Camargue secrète où elle est reproduite. Il nous y apprend que la photo a été prise à 14 h durant l'hiver 1960 et à l'aide d'un SEMFLEX M 4,5 (les photographes apprécieront).


Mon tirage (une épreuve d'artiste) est exceptionnel par sa taille (un vrai poster :-) et sa dédicace au peintre, photographe et poète britannique Roland PENROSE, auteur par ailleurs d'une biographie d'un autre grand ami de CLERGUE : PICASSO.

Nos trois artistes auront certainement beaucoup de choses à se raconter ce soir, lors de la grande fiesta organisée par le guitariste Manitas de PLATA, autre grand ami du photographe également passé de l'autre côté du miroir il y a quelques jour...

Inv. PM LC 1

vendredi 14 novembre 2014

Coupe "Coq" de Michel ANASSE

Michel ANASSE (né en 1935)
Coupe "Coq" (circa 1965)
H. 25 cm, L. 20 cm, l. 25 cm

Terminons la semaine en compagnie de l'artiste ubayen et avec un autre aspect de son travail : celui du métal. Un art dont cette superbe coupe zoomorphe en fer découpé, martelé et soudé est un fort bel exemple.

"Michel ANASSE travaille le fer, mais il faut plutôt parler de sculptures à propos de ses inventions. La solidité des proportions, l'humour, la fantaisie, des formes inquiétantes parfois, tradition d'un bestiaire à métamorphoses, surgissent de son atelier. Toutes les dimensions : près d'un immense coq porte-cierges, de très petites pièces sont dignes de prendre place sur les rayons d'une bibliothèque raffinée, près de reliures précieuses. Les oeuvres de Michel ANASSE sont déjà connues à l'étranger. Il a représenté en Suède, en Suisse, en Hongrie, en Turquie et aux USA une des meilleurs productions des artisans d'art français".

Texte extrait de "Adresse du métier, Imagination de l'esprit - Ferronnerie et Poterie", article (non signé) paru dans la revue "Meubles et Décors" (juin-juillet 1965).

Pour la petite histoire, ce modèle de coupe est né de la nécessité pour l'artiste de présenter originalement les olives de son jardin à ses invités !

Bibliographie : "Michel ANASSE Sculptures & Céramiques Pièces uniques 1960-1970", éditions galerie Thomas FRITSCH (2011), exemplaire appartenant à la même série reproduit p. 37.

Inv. PM MA 11

jeudi 13 novembre 2014

"Dark Lulu"


Rassurez-vous, miss Lucette n'a pas joué les ramoneurs !

"Dark Lulu", c'est le petit nom de la mini chouette de Nicole ANASSE qui passait en vente aux enchères tout à l'heure dans la ville rose.

Emballez, c'est pesé !


Lucette, qui a fait le déplacement au bureau afin de m'encourager durant la bataille d'enchères téléphoniques, est très contente d'avoir retrouvé une 30e petite soeur.

Et moi donc :-) !

mercredi 12 novembre 2014

"Le Crâne" de Michel ANASSE

Michel ANASSE (né en 1935)
"Le Crâne" (2009-2013)
H. 19 cm, l. 23 cm, pr. 26 cm

De quel être fantastique ce crâne à la présence incroyable est-il la relique ?


Un hominidé géant au crâne perforé par une sorte de "coin parasite" ayant instillé je ne sais quel virus au sein de son cerveau...


Cette sculpture modelée en terre à creuset et patinée était l'une des plus belles pièces de l'exposition "Retour à la terre", durant l'été 2013, où je l'ai découverte et photographiée, littéralement hypnotisé par sa beauté.


L'oeuvre in situ, sur l'ex plan de travail de ma cuisine (devenu "lieu d'exposition"), juste au-dessus de la machine à laver dont elle atténue les terribles vibrations par son poids conséquent, pour le plus grand bonheur de ses voisines :-).

Provenance : acquis directement auprès de l'artiste.

Bibliographie : "Retour à la terre" (éditions AAA, 2014), reproduit p. 16 et 17.

Exposition : "Retour à la terre", atelier des Grandes Écuries du fort de Tournoux, La Condamine-Châtelard (26 juillet - 30 août 2013).

Inv. PM MA 10 i

lundi 10 novembre 2014

PICASSO à gogo


Une collection comprenant 30 superbes céramiques et deux affiches de PICASSO issue du Sud de la France (non non, c'est pas à moi :-) sera dispersée... à Hong Kong (bigre, pourquoi aller si loin ?) par la firme EST-OUEST AUCTIONS le 28 novembre.

Si vos proches ne savent jamais quoi vous offrir pour les fêtes, indiquez-leur quelques numéros du catalogue, visible ICI. On ne sait jamais...

Personnellement, je me contenterais du n° 14.

Merci d'avance !

dimanche 9 novembre 2014

"Galet" anonyme (suite)


Une nouvelle piste pour mon "galet" : Vassil IVANOFF !

Si ce nom vous laisse de marbre, cliquez ICI.
  
Je laisse la parole à Pierre, lecteur fort sympathique et expert ès IVANOFF :

Bonjour Mr Marziano,

Une nuit de fièvre et me voila assailli par l'insomnie, j'occupe le temps et ouvre votre blog, et surprise votre galet tilt directement sur mon front moite. "J'ai quelque chose comme ça dans un placard !". Me voilà lancé dans 2 h de fouilles pour retrouver un vase et le catalogue des oeuvres de Vassil Ivanoff.


Au réveil je regarde de nouveau les infos et j'en arrive à me convaincre. Oui, j'ose, pour moi cet orphelin est un descendant du talentueux immigré bulgare.




Les différentes photos vous montreront des détails du vase qui m'a fait penser à ce rapprochement. Le vase est en grès, alors que le votre me semble plus être sur porcelaine. Les deux matières ont été utilisées, parfois même sur une même pièce (prise de couvercle en porcelaine sur couvercle en grès) par cet innovateur.




Vous verrez aussi deux pièces issues du catalogue de l'exposition de 1991/92, édition de l'Albaron. La sculpture de personnage féminin en grès est de 1955, ainsi que le pot couvert en porcelaine de 1969 (la date expliquant surement le couvercle érotique). Les couleurs des reproductions sont fausses, mais je garde le souvenir de ses pièces vue au musée de Metz, et elles correspondent au vase que je détiens. Plus une page du catalogue hélas en noir et blanc, qui donne une échelle de date pour cette production.


J'ai ajouté une photo de la main du potier tenant un personnage cru et non émaillé pour que vous puissiez sentir le grain de la pate de porcelaine utilisée, et la peau de cet artisan.

Techniquement les cuissons sont faites en réduction au bois, sur pièce dégourdie, ce qui peut permettre une approche plus technique de l'objet que vous devez regarder maintenant. En espérant que mes élucubrations trouveront un écho qui vous permettra une attribution définitive.

Merci à vous pour les découvertes et la passion que vous partagez par votre blog.


Cordialement.


Pierre Thévenin


"Deux heures  de fouilles en pleine nuit" ? Ah, ça me rassure  :-).

Plus sérieusement, merci à Pierre pour sa réaction et son hypothèse, qui tient la route.

Mon "galet" serait donc l'oeuvre d'un "grand" ? Chouette !

Je m'en doutais un peu, compte tenu de sa qualité... et d'un autre indice : son premier prix de vente, élevé (1.500 F, très certainement dans les années 70).

Si vous avez une autre piste (1), à vous de jouer !

Puisse cet exemple vous inciter à ne pas rejeter une pièce anonyme. Si elle est de qualité, ce qui devrait être le SEUL critère de sélection, achetez-la, d'autant plus que l'anonymat rebutant ceux qui achètent avec leurs oreilles, elle ne devrait pas trop vous ruiner. Après, si vous découvrez qui est son papa, tant mieux. Et si ce dernier s'avère être un "grand", super : vous serez alors très content et fier de votre oeil !

A suivre ?

(1) Pour Alexis MOSTINI, ce serait plutôt un travail de Jacqueline et Tim ORR...

vendredi 7 novembre 2014

Vendredi goetzien

Le vendredi est mon jour préféré, d'une part parce qu'il signe l'arrivée du week-end (n'en déplaise à Monsieur GATTAZ :-) et d'autre part car c'est le jour où La Gazette (de l'hôtel Douot) paraît ; une véritable source d'émerveillement, de plaisir et d'apprentissage pour le collectionneur et fou d'art que je suis.

 
Ce matin, j'ai reçu cette jolie petite gravure signée Henri GOETZ (1909-1989), peintre et graveur abstrait franco-américain tombé dans l'oubli – tiens donc, encore un ! – et auquel je m'intéresse un peu depuis quelque temps.

Quelle ne fut donc pas ma surprise lorsqu'en feuilletant La Gazette je tombe sur ce lot de la prochaine vente de la SVV PRUNIER :


Une carte postale (en fait un "entier postal", sorte de carte postale pré affranchie dont le dos est vierge) adressée à Henri GOETZ...


... et dont le dos est orné d'un dessin au pastel et à l'encre monogrammé "HH".

Eh oui, il s'agit bien d'une oeuvre d'Hans HARTUNG, mon peintre préféré, exécutée en 1947, d'après la date de l'oblitération.

Je savais que les deux peintres se connaissaient et s'appréciaient. En voici la preuve.

A l'époque, les deux amis tiraient le diable par la queue et HARTUNG oeuvrait sur tous les supports qu'il pouvait trouver (l'immédiat après-guerre, et notamment l'année 1947, reste l'une de ses meilleures périodes). Toujours en 1947, ils eurent heureusement la chance de croiser la route du futur cinéaste Alain RESNAIS (excusez du peu) qui leur consacra à chacun un court-métrage (hélas restés muets faute de moyens), documentaires qui les aideront à percer un peu...

Les deux artistes se retrouveront bien plus tard sur la Côte d'Azur, GOETZ à Villefranche et HARTUNG à Antibes. Tous les deux y termineront leurs jours la même année, en 1989 et tragiquement pour GOETZ (il se jettera très courageusement du cinquième étage de l'hôpital niçois où il croupissait).

Si j'en juge par les traces de colle, ce modeste hommage d'un artiste à un autre artiste a probablement égayé un mur de l'atelier parisien de GOETZ, comme nombre de cartes postales. Combien de temps y est-il resté accroché ? Qu'a-t-il vu de beau ? Ah si les objets pouvaient parler...

Un objet idéal pour le philatéliste sentimental que je suis, n'est-ce pas ?

Plus d'sous, dommage :-(.

Bon week-end, et un bon conseil : lisez La Gazette !