mardi 23 octobre 2012

Escapade parisienne (II)

"1045" crânant devant ses petits copains...

Ce devait être à l'origine une simple balade culturelle, dont je devais revenir les mains vides. Tu parles...

A peine arrivé, samedi en début d'après-midi, me voici lesté d'un très beau et bien lourd bas-relief de DERVAL, négocié la veille (merci Raphaël).

Deux heures plus tard, rebelote à Design Élysées, avec un second DERVAL, un grand plat décoré d'un oiseau, magnifique, acquis sur le stand de Marie-Pascale SUHARD.

Heureusement que j'ai le nez creux avec les timbres. C'est ce business qui me permet de collectionner sans être trop frustré. Pourvu que ça dure ! La vie est belle mais courte et il faut se faire plaisir dès et autant qu'on le peut, avant qu'elle ne vire immanquablement au vinaigre. Collectionner les zéros sur un compte n'a aucun intérêt. Si davantage de personnes avaient la même philosophie, notre économie serait en plus moins moribonde. Mais bon, ça c'est une autre histoire...
 
Je l'ai déjà dit plus d'une fois, collectionner c'est bien, faire des rencontres, discuter, échanger, c'est encore mieux ! J'ai ainsi parcouru samedi après-midi les allées de Design et Art Élysées avec un fort sympathique lecteur, Cédric, futur galeriste. Ce fut un vrai plaisir. Beaucoup de belles choses vues lors de ces deux salons : mobilier et céramiques rares, dessins et toiles de qualité. L'anti-FIAC, quoi. Bref, une expérience à renouveler l'an prochain.

La journée s'est achevée par une escale chez un charmant couple de collectionneurs, Jean-Thomas et Manon, histoire de parler, entre autres, de nos derniers "bébés" respectifs (JT, si tu me lis, désolé d'avoir menti au sujet du "1045" ;-).

Le "1045" de la collection CORNETTE DE SAINT-CYR

Le lendemain, j'avais prévu d'aller chiner à Vanves. C'était hélas sans compter sur la fatigue accumulée ces dernières semaines. Je me suis donc simplement contenté d'aller y récupérer un magnifique "1045" de Pol CHAMBOST, miraculeusement acquis sur le Net quelques jours auparavant (merci Didier). Je connaissais ce modèle par l'exemplaire blanc et décoré présent dans la célèbre collection CORNETTE DE SAINT-CYR et en rêvais... Un BORDERIE et un CHAMBOST majeur en une semaine : je suis sur un petit nuage !

L'un de mes collègues de travail était également en transe tout à l'heure, mais pour une toute autre raison : il venait en effet d'apprendre que le plafond du livret "A" avait été relevé ! Grrr...

Vous comprenez pourquoi j'ai besoin de changer d'air si souvent ?

PS : prochaine balade parisienne prévue le WE des 10 et 11 novembre. Si une petit tour aux Puces de Saint-Ouen vous tente (je dois y récupérer une "bombe atomique" :-)...

PPS : ces balades ont renforcé mon envie de créer une association regroupant les personnes s'intéressant à la céramique 50 afin de se rencontrer périodiquement (lors de manifestations artistiques parisiennes, par exemple), échanger des points de vues, discuter, monter des expos, éventuellement publier, etc. Si le projet vous intéresse, faites-moi signe.

lundi 22 octobre 2012

BRIATA et la Polynésie à Marseille

Georges BRIATA (né en 1933)
"Plage d'Argent à Porquerolles" (2001)
Huile sur toile (100 x 70 cm)

Si vous aimez la peinture et la Polynésie, ne manquez surtout pas la soirée-exposition du peintre Georges BRIATA sur le thème de la Polynésie organisée après-demain à Marseille par le Centre Gérontologique Départemental et l'Association Lions Marseille Alzheimer, au CGD (176 av. de Montolivet ; entrée libre à partir de 19 H 30, sur réservation préalable au 04 91 12 74 13)...

Vous pourrez y admirer 18 toiles que l'artiste a peintes depuis le retour de son voyage à Tahiti, en octobre 2010 (j'étais son sherpa ;-) et assister à une conférence sur la vie et l'oeuvre du peintre Paul GAUGUIN, qu'il animera. Enfin, une communication sur la maladie d'Alzheimer par Jean-Claude PICAL, Directeur du CGD, clôturera la soirée.

Une vente de lithographies originales du peintre au profit de l'Association Lions Marseille Alzheimer sera proposée au cours du coktail.

J'ai éprouvé mon premier véritable choc artistique devant l'une de ses toiles. C'était en 1995. Alors étudiant, je lui avais aussitôt écrit une lettre enflammée pour lui faire part de mon admiration. Il m'a répondu. Nous nous sommes rencontrés et avons sympathisé. C'est aujourd'hui l'une des personnes qui me sont les plus chères. A près de 80 ans, il est dans une forme intellectuelle et physique éblouissante. Nous projetons d'aller faire un petit tour aux Marquises dans quelques mois...

Faites-moi signe si vous allez à cette soirée, car je serai au rendez-vous, bien sûr !

Pour en savoir plus sur l'oeuvre de Georges BRIATA, cliquez ici.

Pour terminer, je ne peux résister au plaisir de vous livrer la remaquable préface de l'un des ouvrages consacré au travail de Georges, signée André ROUSSIN, de l'Académie française :

"On ne demande pas à un auteur dramatique un texte savant sur la peinture de tel ou tel, une analyse de ses mérites, la révélation des secrets rapports de couleurs ou de masses : tout cela est affaire de spécialistes.
Je ne me risquerai pas sur leur terrain : ils en savent trop et moi pas assez. Devant une oeuvre d’art il y a deux attitudes : on cherche à comprendre ou l’on ne demande qu’à recevoir. Je suis de ceux pour qui ne compte que ce qu’ils reçoivent. En ce qui concerne les toiles de Georges Briata point n’est d’ailleurs besoin de "chercher à comprendre". Il peint un clown, un violoniste ou un torero, un port de pêche ou une piste de cirque et ne propose en aucun cas une énigme ; il n’a pas de temps à perdre en recherche byzantine, il peint. Et ce qu’il peint se comprend immédiatement. Ce qui compte pour lui c’est cet espace plus ou moins grand de la toile où il veut chaque fois se reconnaître sans jamais s’y être déjà vu. Obsession du vrai créateur : exprimer sa vision toujours personnelle des êtres et des choses sans jamais se copier, sans tomber dans le système , l’habitude, voire le truc. Car le danger est là, quand le peintre a acquis la maîtrise de ses moyens : il sait ce qu’il fait le mieux. - Gare ! Comment résister à cette tentation ? C’est là-dessus pourtant qu’il sera jugé. A leur palette et à leur touche, Cézanne ou Van Gogh sont immédiatement identifiables et cependant il n’y a pas plus de truc Cézanne que de truc Van Gogh. Ce qui amènerait à penser que l’inimitable en art, c’est la sincérité. Cette certitude de l’artiste "de ne pouvoir suivre que sa pente". André Gide ajoutait "en montant".
Georges Briata - cet ouvrage en est la preuve - n’est plus un espoir de la peinture mais une certitude. Son œuvre est déjà considérable ; ses toiles ont été exposées et vendues dans le monde entier ; elles réchauffent nombre de collections privées et salles de musées. Briata est un peintre en pleine maturité, maître de son dessin et de sa palette et c’est un fou de couleurs. N’oublions pas qu’il est marseillais, ce qui l’apparente peu à Corot ou Boudin.
Certain public timoré se considère parfois comme agressé par l’éclatement lumineux qui caractérise son œuvre ; le public jeune au contraire en raffole. C’est parce que les couleurs en sont parfois aveuglantes que Briata choisit les arènes ou les pistes de cirque ; c’est parce que le mouvement y domine qu’il affectionne les orchestres ; ici son pinceau inspiré commande le ballet des archets, les bras du chef d’orchestre finissent en ailes d’un immense oiseau : à travers tout cela passe le bonheur de la musique qui est aussi le bonheur du peintre. En présence de toutes les toiles représentant pianistes, violonistes, violoncellistes, je regarde et je suis fasciné par les rythmes et par le jeu des couleurs. Je m’entends murmurer : "Ca chante". La célèbre trouvaille de Paul Valéry me revient en mémoire : "L’oeil écoute".
Je me demande si le plus grand hommage que l’on puisse rendre à un peintre n’est pas d’entendre sa peinture chanter. Et de le lui dire".

Je le lui ai dit, bien sûr ;-). 

vendredi 19 octobre 2012

Vase pichet "Anse Prise Oiseau" de Suzanne RAMIÉ

Suzanne RAMIÉ (1905-1974)
Vase pichet "Anse Prise Oiseau" (1953)
H. 20 cm, L. 25 cm, l. 11 cm

Ce superbe modèle a été dessiné par Suzanne RAMIÉ en 1953 et produit en très peu d'exemplaires. Il a en effet très vite séduit PICASSO, qui l'a détourné à son profit (réf. RAMIÉ 186, édité à 200 exemplaires numérotés, cf ci-dessous). Et lorsque le maître s'appropriait une forme de la céramiste, celle-ci en abandonnait l'édition. CQFD.

Il m'a séduit par sa forme pure, sa présence et son remarquable émaillage, crémeux, satiné, aux belles et larges craquelures.

Pablo PICASSO (1881-1973)
Vase pichet "Anse Prise Oiseau" (1953)
H. 19 cm, L. 28 cm, l. 11,5 cm

Ce vase pichet existe également en noir (émaillage brillant), comme on peut le constater sur cette intéressante photo d'époque de la galerie MADOURA :


Il est signé du cachet "MADOURA plein feu" sous la base, en creux.

Provenance : galerie Anne-Sophie DUVAL, collection Laurent MOREUX puis galerie Thomas FRITSCH.

Le vase (à gauche) exposé à la galerie Thomas FRITSCH

Exposition : "Suzanne RAMIÉ - Atelier MADOURA, Sculptures & Céramiques, 1945-1970", galerie Thomas FRITSCH, Paris (du 6 au 29 septembre 2012).

Inv. PM SR 6

jeudi 18 octobre 2012

Avec le temps...


A la veille de l'ouverture de la FIAC et de ses nombreux excès, je voulais simplement tirer mon chapeau à un autre art, sans esbroufe, tel qu'il se pratiquait encore dans les années 70, via la collection que l'étude JORON-DEREM dispersera le 14 novembre prochain, joliment titrée "Intime Collection".

Vous y découvrirez des oeuvres belles, originales et accessibles, bref un art pas tape-à-l'oeil, à l'opposé de celui que propose majoritairement la FIAC.

Ce type de vente n'est pas exceptionnel. Les années 50 à 70 ont en effet généré beaucoup d'artistes talentueux. La grande majorité d'entre eux est aujourd'hui complètement oubliée et leur travail est invisible, faute d'héritiers - et pire, de vrais galeristes ! - qui défendent leur oeuvre. C'est triste, injuste et devrait inciter à la modestie.

Alors quand je vois des artistes qui n'en sont pas jouer les grands maîtres à la FIAC, ça m'énerve un peu. Memento mori...

mercredi 17 octobre 2012

De l'air...


Si je bouge beaucoup en ce moment, c'est notamment parce que ma région n'est plus qu'un désert artistique et intellectuel et que je ne m'y sens pas très à mon aise. Eh oui, l'âge d'or de la Côte d'Azur est depuis longtemps bel et bien terminé. Cette région au prestigieux passé est hélas devenue le temple du goût bling-bling, à l'image de ses riches mais bien peu cultivés habitants, cible idéale des margoulins de l'art. Grace KELLY et Cary GRANT doivent se retourner dans leur tombe s'ils voient ce cirque de là-haut !

Il reste heureusement quelques îlots de bon goût dans le coin, comme par exemple la galerie des Docks à Nice, tenue par la très éclairée Nicole MAHIEU. C'est l'un de mes lieux de prédilection le samedi, quand je ne suis pas en vadrouille, bien sûr. Récemment, elle me racontait le début du marché de la céramique 50, vers 1985, qu'elle contribua à developper avec le regretté Pierre STAUDENMAYER. A l'époque, elle payait 50 F (!) les belles pièces que les chineurs du coin lui apportaient et vendre un Corolle 1.000 F était alors un véritable exploit. Ah si on pouvait remonter le temps ;-)...

Deux "vraies" expos à voir en ce moment :


- Pierre CHAPO, à la galerie Kiss the Design, à Lausanne. C'est à ma connaissance la première consacrée à ce remarquable designer de mobilier, qui connut son heure de gloire dans les années 60/70. Il est actuellement redécouvert par une nouvelle génération d'amateurs...


- "Bonjour monsieur HULOT", à la galerie DOMEAU & PÉRÈS (Paris).

Les deux galeristes renouent leurs liens avec Jacques TATI et son univers plein d'humour en  invitant l'illustrateur David MERVEILLE, qui s'inspire de cet univers à travers le personnage emblématique de Monsieur HULOT.
L'exposition regroupe une vingtaine de dessins récents parus dans "Monsieur Hulot s'expose" (publié aux Editions du Rouergue). C'est également l'occasion de découvrir la série "La Villa ARPEL" du photographe Benoit FOUGEIROL, le fameux "Vase blanc" de Michel LUCOTTE et le mobilier tiré du film Mon Oncle, édités par DOMEAU & PÉRÈS depuis 2005.

Vides-poches ACCOLAY


Au tour de Fabienne, qui nous présente aujourd'hui un étonnant vide-poches, très coloré et reposant sur trois pieds.

Il est signé un peu ésotériquement "I . b Accolay + tête de taureau stylisée" :


Vivement un ouvrage spécialisé sur la production de cette poterie, histoire d'identifier les nombreux céramistes qui y ont travaillé...

lundi 15 octobre 2012

Escapade parisienne

Sur le stand de Stéphane ÉCOURTEMER, au milieu des oeuvres de Jean MÉGARD
(au premier plan : Anita, Catherine et Marion ;
au second : Daniel et Loïc, les fameux "DALO", et enfin Stéphane)

Le petit monde parisien de la céramique 50 est vraiment très sympathique.

J'ai encore pu le vérifier ce week-end.

Ma balade a débuté samedi après-midi par la galerie A rebours, rue Aubriot (dans le Marais), que je découvrais. J'ai passé un excellent moment avec son sympathique propriétaire, Patrick FAVARDIN. Véritable puits de science, cet historien et critique d'art bien connu était en train de finaliser une importante monographie consacrée au travail des frères CLOUTIER, qui devrait paraître dans quelques mois. Une excellente nouvelle ! En ce moment, la galerie présente notamment de très belles céramiques de Fernand LACAF et des dessins de son épouse, Françoise.

Direction rue de Seine ensuite, où je devais récupérer deux MADOURA à la galerie Thomas FRITSCH. C'est toujours un plaisir de pénétrer dans cette véritable caverne d'Ali Baba et de discuter avec le maître des lieux. Et dire que j'ai mis beaucoup de temps avant d'oser pousser la porte... Ne faites surtout pas comme moi ;-). Il est encore temps d'aller y admirer de superbes MADOURA...

Samedi soir, j'ai éprouvé l'une de mes plus belles émotions de collectionneur. Fébrile, j'avais en effet rendez-vous avec mon premier BORDERIE. Un objet que dois à mon ami Johann. Le veinard l'a en effet chiné dans l'Orne il y a quelques mois, lors d'un vide greniers - eh oui, cela peut encore arriver, même si, à mon  avis, on a plus de chances de gagner au loto... - et m'en a très gentiment fait profiter.


Il s'agit d'une grande coupe (L. 37, l. 25, h. 19 cm) aux extrémités relevées, très épurée, en terre chamottée (étonnamment lourde), recouverte d'un remarquable engobe blanc grisé, mat et finement craquelé. Une petite merveille de simplicité (ci-dessus, sur la table de mon coin séjour, tout à l'heure). La belle a envoyé au purgatoire un pauvre gros vase "pomme" du grand JOUVE qui y régnait auparavant...

Une autre vue, de profil :


Et enfin, car ça peut servir, une photo de la signature, en fait une sorte de monogramme (une croix et un "b" imbriqués). Notez également la texture de l'émaillage, typique de la production de l'artiste :


Après une nuit difficile (effet BORDERIE oblige ;-), au tour des Puces de Saint-Ouen, où j'avais rendez-vous avec Daniel et Loïc, céramistes passionnés, venus en compagnie de trois de leurs élèves, Anita, Catherine (également collectionneuse, que je connaissais déjà) et Marion.

Le temps était vraiment épouvantable. Après avoir fait connaissance autour d'un café et longuement discuté céramique et collection, nous avons bravé la pluie pour partir à la découverte des stands, dont notamment ceux de Stéphane ÉCOURTEMER et de son amie Emmanuelle, à Paul BERT, qui nous ont montré de belles pièces de CAPRON et des DEUX POTIERS. Nous avons également passé un bon moment, très instructif, sur leur stand provisoire à Serpette, où ils présentent actuellement la première rétrospective du travail de Jean MÉGARD. Vous avez jusqu'au 29 octobre pour en faire de même.



Les deux céramiques ci-dessus, spectaculaires, sont représentatives de son travail, remarquable. Le grand vase est déjà vendu :-(.

Un agréable déjeuner dans un petit restaurant du quartier a suivi. Rapide, hélas, car je devais passer récupérer un ANASSE - devinez lequel ? :-) - puis mes achats de la veille, stockés chez un ami marchand de timbres (merci Christian) avant de filer prendre mon train gare de Lyon, chargé comme un bourricot...

Samedi prochain, rebelote ! Si une balade à Art Élysées et Design Élysées vous tente, faites-moi signe. Je devrais également chiner aux Puces de Vanves dimanche matin, à moins que je ne me fasse encore avoir par la FIAC...