lundi 8 décembre 2014

Escapade vallaurienne


Dieu a créé le monde entier sauf Vallauris, il a laissé ce soin à PICASSO, avaient pour habitude de dire aux touristes les habitants du village aux cents potiers du temps de son Âge d'or. Un village devenu petite ville sans âme suite à la disparition de son "créateur" et surtout à l'inculture de ses édiles successifs, mais où je reviens toujours avec plaisir, vraiment, persuadé que tel le phénix il renaîtra un beau jour de ses cendres.

Aujourd'hui, c'était en compagnie de mon ami Salvatore PARISI, qui m'a accueilli dans son atelier et fait découvrir quelques endroits que je ne connaissais pas.

Une belle balade dans les ruelles populaires et cosmopolites de la cité, qui m'a rappelée ma chère ville de Marseille et fait le plus grand bien, n'en déplaise à certains.

Mardi 9 décembre 2014 (vers 19 h)

"Photorama" de la journée :


Juste avant de commencer, j'ai eu quelques infos sur Georges GOUZY (dont je vous parlais samedi) par l'intermédiaire de son ami Robert CHIAZZO, que j'ai eu tout à l'heure au téléphone, toujours en pleine forme à 91 ans passés (il consacre ses journées à la peinture)... GOUZY est malheureusement décédé il y a quelques années. Robert m'a appris qu'il a fait de la céramique à Bormes-les-Mimosas de 1949 à 1959, après une formation d'artiste peintre (1) aux beaux-arts de ??? Il vendait sa production dans une galerie bormoise qui s'appelait la Galerie d'art, dont le symbole était un blason orné d'un lion (qui se retrouve estampé sur certaines oeuvres, ce qui me conduit à penser que la galerie en question lui appartenait). C'est lui qui a formé Robert à la céramique. Après avoir quitté Bormes, il est allé à Paris où il s'est consacré à la décoration. C'est tout ce que je sais de lui pour l'instant. A suivre...

(1) C'est incontestable en voyant la coupe ci-dessus !


La journée à débuté chez CERADEL, à Antibes, où Salvatore devait récupérer deux pains de terre. C'est le principal fournisseur de matériaux pour les céramistes de la région, qui ont l'embarras du choix. Une première pour moi, qui étais bien loin de penser que la céramique était si "technique"...


Petits fours :-), grands fours...


De la terre à perte de vue ! Des dizaines de tonnes...


Un pain de 10 kg de terre noire. Beau, et que l'on ne peut s'empêcher de malaxer...


Salvatore devant l'atelier Bleu d'argile, à Vallauris. Un atelier accordé à la couleur du ciel, d'un superbe bleu, bienvenu après le déluge du week-end...


Il y émaille et cuit ses pièces. Premier vrai contact avec un atelier pour moi. Difficile de s'y frayer un chemin et ça sent bon la terre !


Le petit coin réservé à Salva. L'un de ses fameux Ucelli émaillé attend d'être cuit, à côté d'une belle et grande cloche.


Salvatore devant la cabine d'émaillage. C'est là qu'il pulvérise l'émail (au pistolet) sur ses biscuits (résultat d'une première cuisson). Il émaille aussi à la louche, d'où les bassines...


Essais d'émaux sur des tessons. C'est compliqué l'émaillage, qui nécessite des notions de chimie et de physique. Quelques degrés de plus ou de moins, un chouilla de poudre de perlimpinpin en plus et le résultat final change complètement. D'où la nécessité d'effectuer de nombreux essais...


Cloches et vases émaillés attendent d'être cuits. L'émail est liquide au départ. L'eau qui entre dans sa composition est rapidement "bue" par la terre.


Un beau groupe d'Ucelli émaillés est impatient de passer au four. C'est rigolo : les couleurs n'ont rien à voir avec ce qui sortira du four. Magie de la cuisson...


La pièce réservée aux fours (électriques).


Tout Vallauris n'a heureusement pas été bétonnée, notamment dans le centre historique, et il subsiste de belles batisses du début du XXe siècle.


La jolie petite maison de Boris KASSIANOFF, peintre et céramiste d'origine russe. Il est très âgé maintenant et nous avons préféré le laisser tranquille...


Il en a de la chance de vivre dans un tel endroit, le Boris !


La maison-atelier des THIRY, Pyot et Albert. Boris y était souvent fourré, d'où une certaine parenté entre leurs pièces. Un endroit très charmant. Nous n'avons pas osé déranger Pyot...


THIRY mural. Superbe !


THIRY cache-pot.


THIRY typiques.


Un beau biscuit libre comme l'air...


Et deux amoureux au soleil....


... observés par un mystérieux voyeur :-).


En remontant, l'atelier-galerie du sculpteur et céramiste Marc PIANO, hélas fermé (10 h c'est un peu tôt dans le coin :-). La visite sera pour une prochaine fois !


Un travail intéressant, qui évolue bien...


Ruelle typique du vieux Vallauris. Un centre historique hélas déserté. Pourquoi aller s'entasser dans des HLM et d'insipides zones pavillonnaires ? Le français moyen n'a vraiment aucun goût...


Le quartier a un petit air d'Italie ! Au fond, l'église baroque Sainte-Anne/Saint Martin et le musée de la Céramique. La population immigrée en profite ; tant mieux pour elle...


"L'homme au mouton", pas Salvatore :-) mais ce bronze de PICASSO (1943), offert par l'artiste en 1949 à la ville de Vallauris et qui trône depuis 1950 sur la place du marché, face au musée de la Céramique.


La superbe église Sainte-Anne, en haut de l'avenue Georges CLÉMENCEAU, qui concentre les dernières boutiques vendant de la céramique.


Le musée MAGNELLI, musée de la Céramique, qui n'accueille pas d'exposition temporaire en ce moment.


Le DERVAL... des toilettes publiques, à deux pas du musée. C'est quand même dingue que l'un des plus grands céramiques de la ville ne soit représenté que par cette oeuvre relativement mineure ! "L'ange de l'annonciation", chef d'oeuvre de l'artiste passé chez TAJAN en mars dernier et qui s'est envolé pour les États-Unis aurait eu toute sa place dans la cour du musée. Grosse "boulette" de la ville...


Roger CAPRON est bien mieux loti, notamment grâce à plusieurs épreuves en béton peint de ses sculptures qui égayent la ville. Ici à l'entrée du musée MAGNELLI.


Là, sur la place de l'Hôtel de ville, façon "Nu bleu" matissien.


Une place un peu stalinienne mais idéale pour casse-croûter au soleil.


Elle était bonne la gamelle de Marie-Jeanne, Salvatore ? En ce qui me concerne, je me suis contenté d'un casse-croûte tunisien et de makrouts, achetés dans la vieille ville pour une poignée de figues (ça me change de Monaco :-). Nous nous sommes régalés !


Tiens, un autre beau CAPRON.


Petite lecture digestive avec un ouvrage de circonstance : "Le tailleur de PICASSO", acheté à la librairie du musée (à ne pas manquer car très riche). C'est l'histoire d'un talentueux tailleur, Michel SAPONE, qui rencontre un beau jour PICASSO, lui coupe l'un des ses fameux shorts qu'il affectionnait tant et, de fil en aiguille, en arrive à habiller tous les grands artistes d'après-guerre de la Côte d'Azur, échangeant son travail contre des oeuvres. "Le tailleur de PICASSO" nous conte une belle histoire d'amitié et replonge dans une époque formidable, où tout était encore possible. Bref, à lire au plus vite, d'autant plus qu'il est superbement illustré. Rêve et nostalgie garantis !

Et si on allait prendre le café chez mon copain Jean-Jacques, me dit Salva ? C'est qui Jean-Jacques ? Un ami peintre, tu verras, il est sympa... Bon, allez, on y va...


Sur la route, l'avenue CLÉMENCEAU, nous croisons des merveilles, comme la maison de la dynastie MASSIER...


... et des choses plus, comment dire ?, "kitsch" : de la céramique "pour touristes", spécialité de l'avenue.


Quand j'ai montré ce très lointain cousin à Lucette, elle a pouffé de rire. Elle n'est vraiment pas sympa, la miss ! Il est pourtant drôle ce grozibou :-).


Jean-Jacques, c'est Jean-Jacques LAURENT. Issu d'une famille de potiers et d'artistes originaire de Limoges venue s'installer à Vallauris après-guerre (sa maman était Juliette MAZAUDOIS, céramiste que je connaissais via la bible d'Anne LAJOIE), notre homme dessine, peint et sculpte dans une charmante maison-atelier au coeur de Vallauris.


Belle rencontre, avec un point commun : nous sommes d'anciens limougeauds !


Un très bel ensemble de céramiques de Juliette MAZAUDOIS.


Après avoir pris congé de notre ami, direction l'atelier qui héberge Salva, accueillis par sa très belle chatte-mascotte.


Encore des Ucelli, dont un intéressant janus.


Popote d'émaux en cours...


Il devait décharger des Ucelli modelés dans son atelier niçois, opération très délicate, notamment pour celui-ci : sa pièce maîtresse !

J'ai joué à l'assistant :-).


Nous nous sommes ensuite rendus à l'espace MADOURA, où j'avais rendez-vous avec l'ami Yves PELTIER, son directeur, afin de lui confier trois MADOURA issus de ma collection pour sa prochaine exposition permanente.


Le lieu est toujours aussi émouvant et PICASSO présent dans tous les recoins !


Un beau pèlerinage pour ce tryptique aux couleurs hexagonales...


... remplacé en attendant son retour au bercail par un autre symbole de notre beau pays : mon plus beau "Coq" de Michel ANASSE !

Transition toute trouvée avec le quatrième larron qui nous a rejoint : l'ami Sylvestre, fils aîné de Michel ANASSE, qui nous prépare une belle rétrospective de son paternel à l'espace MADOURA, prévue fin 2015 si tout va bien :-).

Yves nous a fait découvrir en avant-première la première exposition temporaire de son espace, consacrée au travail récent de l'ami Marc ALBERGHINA. Un ensemble de pièces qui nous a laissé sans voix ! Rendez-vous la semaine prochaine pour un petit reportage, le vernissage ayant lieu le 19.


Notre belle journée s'est achevée à Cannes, chez le céramiste Georges PELLETIER à qui Salvatore et moi avons rendu une petite visite amicale en fin d'après-midi et dont l'une de ses "nanas" (son travail récent) clôture ce long billet en vous disant "au revoir".

A bientôt en ce qui me concerne !

samedi 6 décembre 2014

Noël avant l'heure


Papa Noël est passé ce matin avec dans sa hotte un "Corsage" de Pol CHAMBOST, une gigantesque bouteille  – 57 cm !  – des 2 POTIERS, un grand Coq de Michel ANASSE, cinq superbes GOUZY et une flamboyante tapisserie d'André BORDERIE.

En fait, des acquisitions effectuées ces dernières semaines et qui ont enfin rejoint leurs petites copines, en parfait état grâce aux bons soins de Pascal POUCHAIN et ses très sympathiques collègues (société Art Services Route).

Tout ce beau monde a assez vite été dispatché entre les étagères, les placards :-( et le dépôt de la future galerie (la cave du bureau :-). Un grand regret : ne pas avoir pu accrocher la tapisserie, faute de place. Elle ira donc en pension "chez maman" !


Point de balade niçoise aujourd'hui, météo apocalyptique oblige – la Côte d'Azur n'est vraiment plus ce qu'elle était ! – et donc un samedi à la maison, entre lecture, jouissance de ma famille très nombreuse et repos, bienvenu après une très belle et longue soirée, la veille, chez mes amis PARISI. En me raccompagnant, le "céramiste à l'appareil photo" n'a pu s'empêcher de mitrailler la petite église de Cap d'Ail illuminée. Je l'ai imité, paparazzant deux gamins de soixante ans émerveillés dans la nuit :-).

Dimanche 7 décembre 2014


Dimanche exceptionnellement travaillé, bourse numismatique oblige, mais entre deux rares clients j'ai eu le temps de dévorer ce bouquin de Françoise GIROUD, un émouvant récit autobiographique que je vous conseille vivement. Quel rapport avec la céramique, me direz-vous ? Tout simplement parce que j'aime bien me plonger dans l'époque à laquelle ce à quoi je m'intéresse a été créé, histoire d'en savoir plus. Et pour cela, les souvenirs d'acteurs majeurs de ladite époque sont incontournables. Pour en revenir à "On ne peut pas être heureux tout le temps", il a été écrit par la célèbre journaliste de L'Express et du Nouvel Observateur au soir de sa vie, quand sa faiblesse physique lui laissa échapper une vieille boîte de photos résumant sa vie active et qu'elle entreprit de les commenter. Des clichés qui résument la vie d'une femme qui a intensément vécu, écrivant à merveille et sans cesse, voyageant, collectionnant, aimant et fréquentant nombre de célébrités des formidables Trente Glorieuses. Un livre dont on ressort à la fois admiratif, envieux d'un tel destin et un brin mélancolique. Forcément...


Je termine ce billet un peu décousu par ces deux céramiques de Georges GOUZY qui ont vraiment enchanté mon week-end : ce grand plat de 39 cm de diamètre décoré de deux splendides taureaux rouge cerise...


... et cette grande coupe tripode, haute et profonde, décorée d'un admirable poisson.

L'oeuvre d'un authentique artiste, dessinateur hors pair, dont j'espère bientôt vous parler plus longuement (recherches en cours ;-).

jeudi 4 décembre 2014

"Mathieu MATÉGOT"


Ce nouvel ouvrage de Patrick FAVARDIN (1), qui suit de peu celui qu'il a consacré aux frères CLOUTIER, est du même tonneau : exceptionnel ! L'iconographie, notamment, avec de superbes photographies d'époque, est fantastique et propice aux rêves de collectionneur les plus fous...

Mathieu MATÉGOT (1910-2001) est l’un des designers les plus inventifs des années 50.

Cet artiste d’origine hongroise, créateur, décorateur et entrepreneur, est l’inventeur d’un véritable langage, dont l’un des supports principaux est le Rigitulle, une tôle perforée qu’il a brevetée et qui lui permet de déployer, par un système de plis, son métal perforé dans l’espace. À l’aise avec tous les matériaux, il a également travaillé le verre, le bois, le rotin ou encore le laiton et régulièrement participé, durant les années 50/70, aux plus grands Salons. Très sollicité, il a également répondu à de nombreuses commandes, publiques ou privées, comme le restaurant végétarien La Saladière, à Paris, une partie du Drugstore des Champs-Élysées, deux foyers-bars à la Maison de la radio ou bien encore un aérodrome à Casablanca.

Grâce à de nombreux documents d’époque, l'ouvrage revient sur l’ensemble du parcours de MATÉGOT, de sa découverte du métal perforé pendant la Seconde Guerre mondiale à ses dernières tapisseries des années 80. Il permet avant tout de redécouvrir une œuvre riche et variée, qui fait de Mathieu MATÉGOT l’un des plus grands créateurs de la période des Trente Glorieuses.

(Source : NORMA, éditeur de l'ouvrage)

L'ouvrage, magnifique (relié, sous jaquette), imposant (368 p., format 23 x 30,5 cm) et surtout passionnant devrait logiquement intéresser les amateurs de céramique 50 qui, pour la plupart, sont fans de tous les arts de cette belle époque.

En ce qui me concerne, je suis particulièrement admiratif du MATÉGOT cartonnier et rêve depuis fort longtemps de m'offrir l'une de ses superbes tapisseries !

Un bonheur n'arrivant jamais seul, vous pourrez découvrir les plus beaux MATÉGOT à la galerie Mathieu RICHARD, qui met le designer à l'honneur jusqu'au 2 janvier.

(1) Docteur en histoire de l’art, notre expert bien connu des amateurs d'arts décoratifs s’est consacré pendant de nombreuses années à l’organisation d’expositions pour la Ville de Paris sur des sujets artistiques, historiques et littéraires. Parmi ces expositions, on retiendra "Le Style 50", celles sur le décorateur Emilio TERRY ou l’esthétique des années 20 à travers le mythe de la garçonne. Depuis 1997, il dirige la galerie À Rebours, où il présente des décorateurs et céramistes français des années 50 à nos jours. Il est l’auteur de Nicola L., Les Décorateurs des années 60-70 (avec Guy BLOCH-CHAMPFORT), Steiner et l’Aventure du design, Jean DERVAL (avec son ami Jean-Jacques WATTEL) et Les frères CLOUTIER. Il a également collaboré à La Lampe Gras dont il a écrit l’avant-propos.

mardi 2 décembre 2014

Escapade lyonnaise

Jacqueline DELUBAC (1907-1997)

Elle se levait avec PICASSO, déjeunait avec HARTUNG et dînait avec BACON !

Avec leurs oeuvres, bien sûr :-).

Elle, c'est Jacqueline DELUBAC, grande dame et collectionneuse hors pair à qui le musée des Beaux-Arts de Lyon rend un fort bel et émouvant hommage en ce moment via l'exposition "Jacqueline DELUBAC, le choix de la modernité". Un musée fort chanceux car la superbe et généreuse actrice lui a légué sa fabuleuse collection...

Une expo à voir absolument, vraiment, et que je ne voulais surtout pas manquer après la découverte de ce musée il y a quelques années, où j'avais pu admirer les principales oeuvres de la donation et qui m'avaient véritablement "scotché" par leur qualité.

Toutes les fées se sont penchées sur le berceau de Jacqueline DELUBAC, qui reçut beauté, intelligence, fortune, goût et longévité (elle mourut en pleine forme à l'âge de 90 ans, peu après avoir été renversée par un jeune cycliste alors qu'elle quittait la boutique Hermès rue du Faubourg Saint-Honoré pour se rendre chez Lanvin, à la recherche d'une jolie robe pour un bal ; chicissime n'est-ce pas ? :-) et on ne peut que ressortir groggy, fasciné et un brin mélancolique de cette plongée dans une vie si extraordinaire, cette belle époque étant malheureusement derrière nous...

Pour en revenir à la collectionneuse (l'exposition aborde aussi sa carrière d'actrice et sa vie privée, notamment avec Sacha GUITRY, son premier mari), elle disait simplement "J’ai un bon œil, j’ai eu le bonheur d’acheter des peintures de POLIAKOFF, FAUTRIER, DUBUFFET, qui étaient peu connus et j’ai la joie de les avoir acquises quand tout le monde se moquait de moi". C'est vraiment le moins que l'on puisse dire quand on voit le niveau de sa collection. Les bling collectionneurs sans goût de notre pauvre époque et leurs "art advisor" intéressés peuvent vraiment aller se rhabiller !

Si vous ne pouvez malheureusement pas faire le déplacement (vous avez jusqu'au 16 février pour cela), procurez-vous le catalogue car il est magnifique, passionnant et vous fera vraiment passer un bon moment ! Une excellente idée cadeau pour les fêtes ;-).

Vous l'aurez compris, le motif principal de mon escapade aura été cette exposition, qui m'a marquée à tel point qu'en me réveillant dimanche matin je croyais trouver la belle Jacqueline à mes côtés (quel beau rêve...). Il y avait bien quelqu'un mais c'était JP :-), l'un des trois amis céramophiles qui m'accompagnaient dans cette escapade. Zut ! 

Quelques photos du week-end :


- Dans le train, en train de relire le catalogue qui dispersera bientôt la première partie de ma collection de timbres-poste. On se moquait également de moi quand j'ai commencé à collectionner ces "sans grade" qu'étaient il y a 25 ans les timbres d'usage courant. Des figurines dont la valorisation m'a heureusement permis de collectionner la céramique et dont les plus intéressantes me permettront, je l'espère, de financer les débuts de ma future galerie. Plus que quelques jours avant le jour J...


- Après un sympathique déjeuner de collectionneurs aux Halles (merci à Clément et Fabrice pour leur accueil ;-), direction le superbe musée des Beaux-Arts, place des Terreaux, hélas défigurée par l'oeuvre (?) du sieur BUREN.


- Impossible de louper l'hypnotisante Jacqueline, présente un peu partout...


- Le musée est situé dans une ancienne abbaye de bénédictines, le "palais Saint-Pierre", dont le cloître est particulièrement romantique...


- Le HARTUNG de Jacqueline, que je ne pouvais bien sûr pas manquer. "T 1955-33" est un chef-doeuvre, acheté directement au peintre, peu après sa création, lors d'une visite d'atelier. Jacqueline DELUBAC achète son premier tableau en 1944, à la galerie Louis CARRÉ. Un DUFY peint deux ans auparavant, "L'atelier aux raisins". C'est au début des années 50 que les achats s'accélèrent. Elle sacrifiera pour cela les nombreux bijoux offerts par son ex, Sacha GUITRY. Jusqu'à la fin des années 60, elle s'offrira, en galerie mais aussi directement dans les ateliers, des oeuvres de BRAQUE, LÉGER, MIRO et bien sûr PICASSO. Dans les années 70 et 80, elle s'oriente vers des artistes proches des surréalistes et aux sujets plus difficiles, comme LAM et BRAUNER. En 1982, elle fera très fort en s'offrant deux somptueux BACON : "Carcasse de viande et oiseau de proie", une toile de 1980, puis "Étude pour une corrida n° 2", une oeuvre troublante de 1969 qu'elle accrochera dans sa salle à manger. Assez peu d'oeuvres au bout du compte (35) mais maîtresses, fortes et plutôt de grand format. Des photos permettent aux visiteurs de les apprécier in situ. A la différence de nombre de "collectionneurs" entreposant en ports francs, l'actrice vivait en effet avec ses bébés, estimés 300 millions d'€...


- Elle s'intéressera aussi aux arts décoratifs, comme ici avec cette lampe "expansion" de son ami CÉSAR, mais curieusement pas à la céramique. Et alors, Jacqueline :-) ?


- "Le" tableau de l'expo : "Femme assise sur la plage", une grande huile, fusain et pastel de PICASSO (131 x 163,5 cm). Une toile de 1937 dont la beauté m'a donné la chair de poule et que j'ai vraiment eu du mal à quitter. Une pure merveille, que vous ne pourrez vraiment apprécier pleinement qu'en l'ayant à portée d'oeil, ma photo ne lui rendant vraiment pas justice...


- L'actrice sous son tableau, dans son appartement parisien de l'avenue Élisée-RECLUS.


- Son MIRO : "Figure", un pastel de 1934 marouflé sur toile (108 x 72,8 cm).


- Son POLIAKOFF, "Composition" de 1955 (acquis auprès de l'artiste).


- "Étude pour une corrida n° 2" (1969), une immense (dans tous les sens du terme) huile de Francis BACON ornant la salle à manger de l'appartement parisien de l'actrice!


- Un grand portrait de Jacqueline DELUBAC par Bernard BUFFET, peint en 1953 (0,96 x 1,29 m). Une oeuvre glaçante mais superbe !


- Une lettre de Sacha (GUITRY) à Jacqueline, particulièrement émouvante (cliquez sur la photo pour l'agrandir et lire la lettre).


- Une photo (anonyme) de Jacqueline DELUBAC à 30 ans. Toujours aussi belle...


- Quelques robes de l'actrice, l'une des femmes les plus élégantes de Paris. "Jacqueline DELUBAC était une femme distinguée, fidèle à mes créations depuis toujours. Elle a incarné ce chic prêté à la Parisienne jusqu'à la fin de sa vie, poussant l'élégance jusqu'à sa manière d'être. Elle avait du style et du caractère et savait porter tous mes modèles... même les plus audacieux", disait d'elle le couturier Pierre CARDIN.


- Bals, sorties, réceptions : la belle vie, quoi ! Mais ce que miss DELUBAC aimait avant tout, c'était courir les galeries et les ateliers et prendre le Concorde pour aller voir une exposition à New York :-).


- Un cliché du photographe Bernard RICHEBÉ, l'actrice à la fin de sa vie, en robe asymétrique de Pierre CARDIN, clôture l'exposition. Au revoir Madame ! Et bravo !

A écouter : "Balade dans l'art", sur France Musique, qui nous emmène chez Jacqueline...

NB : si vous allez voir l'exposition, n'oubliez surtout pas de faire un tour à la librairie du musée car elle est particulièrement bien achalandée. J'en suis reparti très chargé...

Pas facile pour courir les galeries lyonnaises, du côté de la rue Auguste COMTE...


- Lyon by night, sur le chemin d'un restaurant digne de la gastronomie lyonnaise... L'église Saint-Jean (au premier plan) et la fameuse basilique Notre Dame de Fourvière.


- Lyon by night II. La passerelle du Palais de Justice, sur la Saône, l'un des 29 ponts lyonnais et un côté San Francisco...

Dimanche matin, après une courte nuit (ça parle beaucoup les collectionneurs ; il faut dire qu'avec leurs proches c'est hélas bien souvent "limité"...), direction les Puces du Canal. Nos amis lyonnais ont bien de la chance d'avoir ce beau terrain de chasse !


J'ai quitté Lyon en fin de matinée et bien chargé : beaucoup de livres, un masque de Jean AUSTRUY (très rare :-), un superbe THIRY et une technique mixte d'Antal BIRO, un peintre que j'apprécie et dont je vous ai déjà parlé (c'est ici). Petit coucou à Jean RIVIER, qui suit mes pérégrinations et a rencontré BIRO, de passage à Vallauris, et dont il conserve à bientôt 100 ans un excellent souvenir...


Petit coucou "bis" avec ce grand et superbe pied de lampe, mon dernier RIVIER :-).


J'avais aussi ce mini RUELLAND, que m'a cédé mon ami JP. Ah si toutes les céramiques mesuraient 4,5 cm de haut !


Arrêt déjeuner à Avignon, chez un couple d'amis, où j'ai récupéré un autre RUELLAND, un peu plus gros celui-ci...


En transit à Marseille, j'ai livré à l'ami Frédéric le remarquable Coq de Michel ANASSE qu'il attendait impatiemment ; un superbe modelage en terre noire, resté à l'état de biscuit. Marius, c'est son nom, a rejoint Jeannette :-), sa chouette du même artiste.


Une dernière pièce a rejoint ma besace dans la cité phocéenne : cette petite céramique architecturée de l'ami Fred (merci pour le cadeau ;-).

Une céramique qui a trouvé sa place à côté de l'un de mes ANASSE préférés, également architecturé : "Babel, code SVP ?".

Un bel hommage du jeune artiste à l'un de ses maîtres !

Photo en-tête du billet : Roger KAHAN, Jacqueline DELUBAC, BnF, Arts du spectacle, Fonds GUITRY. Droits réservés, © Succession DELUBAC.

lundi 1 décembre 2014

"Mini vase" de Jacques et Dani RUELLAND

Jacques (1926-2008) et Dani (1933-2010) RUELLAND  
"Mini vase" épaulé (circa 1970)
H. 4,5 cm, Ø
5,5 cm

C'est le plus petit RUELLAND que je connaisse (reproduit quasiment à taille réelle).

Mignon, n'est-ce pas ? Une véritable "céramique de poupée" ! Et un beau souvenir de ma sympathique escapade lyonnaise du week-end, à suivre dans le prochain billet...

Il est signé "RUELLAND" en bas, sur le côté.

Provenance : collection Jean-Pierre GUILLIAUMET.

Inv. PM JDR 28 i