mardi 3 février 2015

"Chouette" de Michel et Nicole ANASSE (XVIII)

Michel (né en 1935) et Nicole (1937-2012) ANASSE
"Chouette" (circa 1981/84)
H. 37 cm, Ø 13,5 cm

La plus grande de mes chouettes "anassiennes" est la seule à ne pas vivre en meute, une chouette que ses petites copines vertes de jalousie devant tant de majesté ont bien vite surnommée "la reine mère" :-).

Une "reine mère" très impressionnante, fantômatique et nimbée d'un profond mystère, semblant surgir de je ne sais quelle antique civilisation disparue...

L'oeuvre, montée à la plaque et modelée, est d'autant plus intéressante qu'elle fait partie d'une petite série demeurée à l'état de biscuit (terre cuite non émaillée), cuit dans l'un des derniers fours à bois de l'atelier de La Frache (Alpes de Haute-Provence).


Elle est signée "Anasse" à l'arrière, qui comporte également deux larges orifices destinés à faciliter la combustion de la bougie que l'objet est censé accueillir, car c'est avant tout un majestueux photophore.

Provenance : collection privée (Vallauris).

Bibliographie : "Michel ANASSE Sculptures & Céramiques Pièces uniques 1960-1970", éditions galerie Thomas FRITSCH (2011), exemplaires appartenant à la même série reproduits p. 75.

Inv. PM MNA 18 i

lundi 2 février 2015

Un DERVAL "pas comme les autres"...


Les week-end se suivent et se ressemblent en ce moment.

Le samedi sur les routes (enfin les voies de chemin de fer :-) et le dimanche à la maison, ou pas très loin, histoire de me reposer un peu.

Samedi dernier, direction Marseille, histoire de prendre une bonne bouffée d'air de ma ville natale et y revoir des amis (Frédéric, céramiste et collectionneur, Isabelle (encore une :-) et Georges, artiste peintre, qui nous prépare une belle exposition de toiles sur la Polynésie) puis Villeneuve-lès-Avignon afin d'y récupérer deux très belles pyramides noires du couple RUELLAND. Ben oui, quand même...

 Quelques photos souvenirs :


- Ayant eu un peu de temps libre samedi matin, je suis passé repérer quelques bricoles signées du patron (JOUVE) à l'étude LECLERE, dont celle-ci.


- Et celle-là. Sniff, pas de suite, faute de sous, hélas...


- Les deux RUELLAND ramenés. Un pour Don SALLUSTE, l'autre pour sa galerie. Pas de jaloux. Ouf !


- J'avais aussi dans mes bagages ce miroir éclairant signé Frédéric...


- ... qui remplace celui-ci. Pas de panique, amis lecteurs qui lorgnez sur lui. Il est classé "inaliénable" et juste en en partance pour Pierre-de-Bresse. Il est très bien ton miroir, Fred, mais celui de Georges est quand même plus pratique pour se raser et son côté panoramique me manquera...


- J'ai beau vivre dans un endroit privilégié (ci-dessus, la baie de Villefranche-sur-Mer dimanche matin), il ne fait quand même pas très chaud le soir sur la Côte d'Azur.

Ayant sacrifié mon unique radiateur au profit d'une table basse de BLIN, faute de place, je me les gelais grave depuis quelques semaines. C'est fini ! Je revis depuis hier soir, grâce à l'ami Salva qui m'a offert un superbe et très efficace radiateur, et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit de celui du céramiste Jean DERVAL, récupéré dans l'atelier du Portail à Vallauris, que ses enfants ont malheureusement dû débarasser.

Difficile de trouver plus adéquat au lieu, n'est-ce pas ?

L'objet, typiquement 50, fait très envie au filles, stoïques sur le balcon. Courage les miss, plus que quelques semaines avant la vie de château, en Bresse :-).

Ainsi va la vie à Ceramic land...

vendredi 30 janvier 2015

"Roberti II" de Michel ANASSE

Michel ANASSE (né en 1935)
"Roberti II" (1965)
L. 68 cm, l. 44 cm, h. 107 cm

Cette impressionnante créature en fer découpé, martelé et soudé appartient à la fameuse série des "Caractères", série-clé dans le travail de l'artiste et dont une sélection fit l'objet d'une exposition au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, manifestation consécutive au Prix MALRAUX des jeunes artistes obtenu par Michel ANASSE en 1965, lors de la quatrième Biennale de Paris.

Roberti II à la maison en ce moment

Roberti II est l'un des plus beaux chefs-d'oeuvre de Michel ANASSE et l'une des pièces maîtresses de ma collection. C'est également mon acquisition la plus importante à ce jour (financièrement et en terme de taille !) et l'une de celles dont je suis le plus fier, d'autant plus que j'ai terminé de la régler aujourd'hui (ouf :-).

Son titre est une forme d'hommage à un architecte avec lequel l'artiste travaillait dans les années 60, un certain monsieur ROBERTI...

Il est signé "ANASSE" sur le corps.

Provenance : galerie Thomas FRITSCH (acquis par cette dernière directement auprès de l'artiste, l'oeuvre faisant partie de sa collection personnelle).

Exposition : "Michel ANASSE Sculptures & Céramiques Pièces uniques 1960-1970", galerie Thomas FRITSCH (Paris, 20 mai - 25 juin 2011).

Roberti II in Modern magazine (été 2011)

Bibliographie : "Michel ANASSE Sculptures & Céramiques Pièces uniques 1960-1970" (éditions galerie Thomas FRITSCH, 2011), reproduit p. 7, décrit et reproduit p. 78.

Inv. PM MA 12 i

jeudi 29 janvier 2015

Hors les murs (6)

Élisabeth JOULIA (1925-2003)
Coupe à anses ailettes (circa 1955)
H. 15,5 cm, Ø 27,5 cm

"Non (Ducon), ce n'est pas "un saladier" !", ai-je répondu sèchement ce matin au pauvre bougre qui m'observait, ahuri, déballer l'objet qui allait m'accompagner aujourd'hui.

Je me suis bien vite calmé et lui ai expliqué que la chose était l'oeuvre d'une artiste très réputée, qu'il était d'une grande beauté par sa forme épurée, son superbe émaillage au lustre quasi métallique, etc.

En pure perte car l'homme finit par me lâcher, encore plus ahuri, un "L'art, moi, bof...", me laissant une fois de plus pantois devant une telle absence de curiosité, car ce n'est bien sûr pas la première fois que je prêchais dans le désert !

J'ai eu le courage de poursuivre un peu en lui disant que l'art c'est comme le chinois, ça s'apprend (dixit PICASSO) et que ça rend la vie bien plus agréable, mais rien n'y fit et le monsieur prit très vite ses jambes à son cou, ravi d'avoir échappé à un doux-dingue...

Ducon me quitta donc, encore plus con.

Avant, de telles scènes me faisaient rire. Plus maintenant, car je suis vraiment convaincu que nombre de problèmes sociétaux actuels découlent de cette absence de curiosité, bien trop répandue, avec son corollaire : la bêtise.

Heureusement, la beauté de mon JOULIA m'a très vite redonné le sourire et si certains sont imperméables à la curiosité et à l'art, eh bien tant pis pour eux ! Je ne vais quand même pas me rendre malade. Mais je continuerai à expliquer, donner envie...

Pour en revenir à mon "hors les murs" du jour, il devait rejoindre le stock de la galerie, mais Don SALLUSTE  (Pascal-collectionneur ;-) a une fois de plus confisqué l'oeuvre à son profit. Trop beau qu'il a dit, pas à vendre : direction "Pierre-de-Bresse", fissa !

Pascal-marchand lui enverra la facture, ça le calmera peut-être :-), d'autant plus qu'il avait déjà investi dans une superbe photo "de pro" (1) :


On peut rêver, n'est-ce pas ?

(1) Trop fort le Daniel ! Il faut dire qu'il ne bosse pas avec un iPhone, lui...

mercredi 28 janvier 2015

"N6-N7 - Les Nationales de la céramique"


C'est sans nul doute l'exposition de l'année en matière de céramique !

Tout le mérite en revient à un véritable passionné, Philibert MONVOISIN, qui en est l'initiateur et dont quelques belles rencontres (il adore ça, le bougre) lui ont permis de réunir un ensemble de 150 oeuvres choisies qui transporteront le visiteur dans les années 50/70, avec pour fil conducteur les nationales 6 et 7.

Je lui laisse la parole pour nous parler de son beau bébé, que je contribuerai à "nourrir" puisqu'une centaine de mes céramiques adorées ira bientôt se mettre au vert dans ce beau coin de France qu'est la Bresse bourguignonne :

La Nationale 7 résonne dans l'esprit comme "la" route des vacances qui mène de Paris à la Méditerranée. Elle traverse la France et propulse les automobilistes vers le soleil de la Provence. Souvent confondue avec la Nationale 6, qui démarre, elle aussi, de Paris et se termine vers Modane, la N7 descend plus au Sud, au départ de Paris en voguant par Montargis, Nevers, Moulin, Roanne, Vienne, Valence, Montélimar, Avignon, Aix-en-Provence, Fréjus, Cannes, Nice et enfin Menton.

Des noms qui sonnent bon les vacances !

Au lendemain de la guerre et jusqu'au choc pétrolier de 1973, la France entre dans un tournant économique majeur. Cela se concrétise par une évolution démographique exceptionnelle, une modernisation des modes de vie (société de consommation), un meilleur niveau de vie et une hausse des classes moyenne dans la population active.

Et les Nationales alors ! Elles vont connaître un engouement de poids car une des autres conséquences liées au "30 glorieuses" est l'apparition d'une civilisation des loisirs (vacances, médias...). On note qu'en 1951, la France comptait 8 millions de vacanciers, ce chiffre passe à 20 millions en 1966. Beaucoup de ces vacanciers choisissent l'hexagone pour leurs villégiatures et empruntent des routes désormais mythiques : la Nationale 7 et la Nationale 6. Destination la Côte d'Azur. 1000 km pare-chocs contre pare-chocs, deux ou trois jours de voyage dans des voitures surchauffées et surchargées.

Cet engouement s'ammenuise avec l'apparition des autoroutes. Plus rapides mais moins attrayantes, elles vont engluer le flot des juillettistes et des aoûtiens.

La Nationale 7 a fait prospérer de nombreux commerces. Chaque été, les habitants proposaient des produits locaux aux touristes de passage. Nombreux sont les garages, les hôtels, les restaurants à s'installer tout le long de la route.


De La Borne à Vallauris, les poteries fleurissent et colorent les kilomètres de la Nationale. Alors qu'au milieu du 20e siècle la poterie traditionnelle connaît le déclin (concurrencée par d'autres matériaux, la fonction utilitaire de la poterie décline alors au profit de la céramique artistique) et que de nombreux villages potiers disparaissent, La Borne connaît un renouveau.

Renommée pour sa production de grès, La Borne contraste avec Vallauris qui dans l'esprit du plus grand nombre rappelle avant tout les productions extravagantes et éclatantes de couleurs ayant alimenté les boutiques pour touristes. Mais pour les amateurs, Vallauris fut d'abord un cocon pour potiers réunis autour de PICASSO.

C'est à la découverte de cet artisanat utilitaire et artistique que nous vous convions. 

Bienvenue dans cette traversée d'une France pittoresque faite de trouvailles extraordinaires, dénichées par des passionnés et présentées dans deux salles à l'ambiance intimiste pour mieux dévoiler la beauté de ces céramiques et les savoir-faire de leurs créateurs...

En pratique :

- Quand ? Du 4 avril, jour du vernissage (durant le WE Pascal :-), au 20 décembre 2015, soit près de 9 mois d'expo. Vous avez donc tout le temps, et ça c'est très bien !


- Où ? A l'écomusée (1) de la Bresse bourguignonne, installé depuis 1981 à Pierre-de-Bresse (en Saône-et-Loire), dans le cadre prestigieux de l'ancien château des Comtes de THIARD (édifié au XVIIe siècle et classé monument historique).

(1) Un écomusée est un établissement culturel qui a pour vocation d'étudier, de protéger et de mettre en valeur l'ensemble des patrimoines naturel et culturel d'un territoire, avec l'aide et la participation de sa population. L'écomusée de la Bresse bourguignonne présente donc le milieu naturel, l'histoire, les métiers anciens, les aspects de la vie traditionnelle ainsi que la situation économique et sociale, ancienne et actuelle, de la Bresse bourguignonne.

mardi 27 janvier 2015

Vase "boule" de Jacky COVILLE

Jacky COVILLE (né en 1936)
Vase "boule" (circa 1970)

 H. 11 cm, Ø 9,5 cm

Cette céramique est l'une de mes préférées, par sa forme, très élégante, son émaillage, qui par des effets de cuisson varie du mat au brillant en passant par le satiné, et enfin sa couleur, un très beau miel foncé sur lesquels se détachent d'impressionnantes pyrites.

Elle est signée "J. Coville" sous la base, à la pointe.

Provenance : collection Salvatore PARISI (Nice).

Le vase ce soir, à côté du "petit DEBLANDER de Marie"

Inv. PM JC 1 i

lundi 26 janvier 2015

Chine à Saleya


Le cours Saleya est la principale voie piétonne du vieux Nice et l'un des endroits les plus prisés des niçois et surtout des touristes en raison de son célèbre et pittoresque marché : fleurs, fruits, légumes, spécialités locales et... brocante, le lundi matin.

L'une de mes bonnes résolutions de ce début d'année, c'est d' y aller le plus souvent possible, même si cela m'oblige à une certaine "gymnastique" : réveil à 5 h 30, train à 6 h 45, arrivée sur place à 7 h 30, une heure de chine montre en main (à peine le temps d'un café-croissant) et enfin retour à la gare pour 9 h de façon à être au bureau à 9 h 30.


La place Garibaldi vers 7 h 15, sur mon chemin.


C'est vraiment un très bel endroit, surtout de bon matin...


Petite halte pour le second café de la journée.

Qu'ai-je trouvé de beau ce matin ? Deux pièces seulement, mais pour une première ce n'est tout compte fait pas si mal :


- Un très grand vase-pichet de Carlos FERNANDEZ. Bien sale et à nettoyer ;-).


- Et ce superbe luminaire, d'un orange comme j'en ai rarement rencontré, très "pop" et typiquement 70. D'après mon coach d'Azur, le célèbre Salvatore PARISI, qui a chiné avec moi, ce serait un production de la Poterie de la Brague, à Plascassier (du côté de Grasse), peut-être tournée par Paul BADIÉ, qui y officiait dans les années 70.


D'habitude, la production de cet atelier est estampillée à l'aide de ce cachet, ce qui n'est pas le cas de ma pièce. Oubli ? Autre origine (CAPRON ?) ? A voir...


J'ai aussi récupéré ce bougeoir "Adam et Ève", chiné sur un site de vente eaux enchères il y a quelques jours. Il n'est pas signé mais une pièce de même facture est reproduite dans La céramique française des années 50, la "bible" de Pierre STAUDENMEYER (p. 57). Elle est attribuée à JOUVE et appartenait à un grand collectionneur niçois, Jacques CHARBIT (j'aurai bientôt l'occasion de vous en reparler), qui l'avait chinée auprès de mon vendeur il y a une quinzaine d'années. Ses recherches l'avaient alors mené jusqu'au maître aixois. Personnellement, je reconnais bien sa patte, notamment au niveau du pied, similaire à celui de sa lampe "Sirène", que j'ai la chance de posséder. Quoi qu'il en soit, JOUVE ou pas, l'objet me plaît bien et c'est là le principal ! Une oeuvre rustique et d'inspiration populaire, typique du milieu des années 40 et intéressante par sa construction à l'aide d'éléments rapportés fixés par du fil de fer...


Ci-dessus, le bougeoir de la collection Jacques CHARBIT. Il figure dans l'édition de 2002 mais plus dans celle de 2004. Mauvais signe quant à son attribution ? Quoi qu'il en soit, ce n'est pas un céramiste lampda qui a pu "construire" ces deux objets...

La balade m'a aussi permis de croiser quelques amis chineurs et de discuter un peu.

Ce nouveau rendez-vous sera donc une excellente façon de débuter la semaine !

PS du 14 février 2015 :


Un lecteur, Grégoire, m'a envoyé la photo d'un bougeoir lui appartenant et qu'il a chiné, indiscutablement de la même main que le mien et encore plus baroque.

On finira bien par identifier leur papa...